Jordan Design Studio : c’est une Pékinoise qui gagne, avec une Air Jordan 1 qui se plie

Jordan Design Studio : c’est une Pékinoise qui gagne, avec une Air Jordan 1 qui se plie

Le 29 août, huit prototypes d’Air Jordan 1 ont atterri à Shanghai dans les mêmes valises que les finalistes de The One. Huit villes, huit personnes qui n’avaient jamais rien dessiné pour Jordan Brand, et une seule contrainte : partir de l’Air Jordan 1 « Love Letter », celle qui reprend la lettre d’adieu que Michael Jordan avait fait publier en 1993. Pour le reste, la marque avait laissé la porte grande ouverte.

Le 31 août, elle a tranché. La gagnante s’appelle Syn Zhuang, elle est designer chaussure indépendante à Pékin, et sa proposition est la moins « basket » des huit : une Air Jordan 1 en daim souple dont la tige s’effondre, se replie et change de silhouette selon la manière dont on entre dedans. Jordan Brand annonce qu’elle continuera à travailler le modèle avec la production en ligne de mire. Sur huit finalistes, quatre venaient d’Amérique du Nord. Aucun n’a gagné.

Le résumé en 30 secondes
8
villes traversées par le programme
4
mentors mobilisés, dont Hiroshi Fujiwara
1
paire promise à la production

Jordan Brand a annoncé le 31 août 2026 la gagnante de son premier Jordan Design Studio : Syn Zhuang, de Pékin. Sa relecture de l’Air Jordan 1 « Love Letter » repose sur une tige effondrable inspirée de la chaussure féminine. La marque évoque une production et une « sortie possible au public » — ni date, ni prix, ni volume n’ont été communiqués à ce stade.

Le module — huit villes, une gagnante
Clique sur un onglet : la photo change et le détail est expliqué dessous.
Syn Zhuang, gagnante du premier Jordan Design Studio, avec son Air Jordan 1
Crédit : Jordan Brand, images de presse, via Sneaker News
31 août 2026
Syn Zhuang, Pékin

Designer chaussure indépendante, elle a passé le programme à raisonner en termes de confort et d’usage quotidien plutôt qu’en termes de performance. C’est le seul dossier des huit qui parte du vestiaire féminin.

Photographies fournies par Jordan Brand dans le cadre du programme, republiées par Sneaker News.

Le verdict, et le nom que personne n’avait coché

Le programme a fonctionné comme un tournoi. Huit villes — Pékin, Chicago, Los Angeles, Mexico, New York, Séoul, Shanghai, Tokyo — ont chacune envoyé une cohorte en atelier, encadrée par des gens qui ont déjà fait le trajet : Nina Chanel Abney, Chris Gibbs, Angelo Baque, Hiroshi Fujiwara. Chaque ville a désigné un finaliste, et les huit se sont retrouvés à Shanghai le 29 août, en marge de The One Global Finals.

Deux jours plus tard, le nom est tombé. La communication de Jordan Brand tient en une phrase : Syn Zhuang va continuer à travailler le modèle avec la marque, l’objectif final étant une mise en vente. C’est peu. C’est aussi la première fois que la marque promet une production à quelqu’un qui n’est ni un collaborateur installé, ni un athlète, ni une boutique. Détail qui compte quand on regarde la carte : quatre des huit finalistes venaient d’Amérique du Nord. Le jury a envoyé le prix en Asie.

Détail de la tige effondrable de l’Air Jordan 1 de Syn Zhuang
Le col rabattu : ce n’est pas un pli, c’est l’entrée du pied qui se déplace. Crédit : Jordan Brand, images de presse, via Sneaker News.

Quarante et un ans que l’Air Jordan 1 tient debout toute seule. La paire qui gagne est celle qui accepte de s’affaisser.

Jordan Design Studio, verdict du 31 août 2026

Une Air Jordan 1 qui s’effondre

Le principe est simple à décrire et compliqué à fabriquer. Zhuang a repris la 1 en daim, relâché la structure de la tige et déplacé l’entrée du pied. La chaussure se porte haute, se rabat en basse, change de proportions à mesure qu’on la manipule. Posée sur une table, elle ne tient pas la pose comme une Air Jordan 1 le fait depuis 1985.

Ce n’est pas un caprice esthétique. La rigidité de la 1 vient de son cahier des charges d’origine : une chaussure de basket montante, faite pour tenir une cheville. Tout ce qui a suivi — rééditions, collabs, déclinaisons Low et Mid — a conservé cette ossature. Le prototype de Pékin est le premier des huit à demander ce que devient l’objet quand on lui retire son maintien, c’est-à-dire sa raison d’être sportive. Reste à savoir ce qui survivra à l’industrialisation : une tige qui s’effondre proprement sur un prototype ne s’effondre pas forcément proprement sur cent mille paires.

Les huit finalistes, ville par ville

Les sept qui repartent avec un prototype

Il faut regarder les sept autres pour comprendre ce que le jury a écarté. New York a empilé les virgules et cousu son propre patch. Chicago a fait entrer le crochet dans l’Air Jordan 1. Los Angeles a enroulé la chaussure dans un sac de marché ghanéen, anses comprises. Mexico a livré la relecture la plus radicale, un empilement de panneaux qui n’est pas sans rappeler ce que Riccardo Tisci avait fait subir à l’Air Force 1. Séoul comptait sur Jisoon Kim, déjà passé par la case Jordan puisqu’il est derrière les Air Jordan 6 montées en bottes portées par Tyla au All-Star Game WNBA.

Sept dossiers défendables, un point commun : ils partent tous du vocabulaire de la sneaker. Celui de Pékin part d’ailleurs.

Le compte qui a fait l’annonce

Jordan Brand a communiqué le nom de la gagnante le 31 août sans dossier de presse détaillé. Les visuels retravaillés et les prochaines étapes du développement passeront par le compte de la marque — c’est aussi là que tombera la date de sortie, si elle tombe.

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Une lettre d’adieu en guise de cahier des charges

Le point de départ imposé aux huit cohortes n’était pas n’importe quelle Air Jordan 1. C’était la « Love Letter », celle qui reprend le texte de la lettre d’adieu publiée par Michael Jordan en 1993, quand il a quitté le basket une première fois. Donner ce modèle-là à des gens qui n’ont jamais travaillé pour la marque, c’est leur demander d’écrire par-dessus le texte le plus intime que Jordan ait jamais laissé traîner dans le commerce.

La plupart ont répondu par le vêtement : du tissu, des manchons, des panneaux, des couches. Zhuang a répondu par le geste. Sa chaussure ne raconte rien sur sa tige, elle raconte quelque chose quand on la manipule. Sur un cahier des charges bâti autour d’une lettre, c’est peut-être la réponse la plus littéraire des huit.

Prototype Air Jordan 1 convertible de GG Wu, Shanghai
Shanghai : la Mid de GG Wu devient une Low selon la façon dont on déploie le manchon. Crédit : Jordan Brand, images de presse, via Sneaker News.
Le modèle habituel

La collab descendante

La marque choisit un nom déjà installé, lui confie une silhouette et encadre le résultat. Calendrier, volume et prix sont fixés avant le premier croquis.

Le Jordan Design Studio

La collab remontante

La marque part de huit villes et de gens sans dossier, encadre par le mentorat, et laisse la sélection décider. La production n’est promise qu’à la fin, à une seule personne.

1993
La lettre d’adieu qui donnera son nom à la « Love Letter ».
Été 2026
Ateliers dans huit villes, quatre mentors.
29 août
Les huit prototypes convergent vers Shanghai.
31 août
Syn Zhuang est annoncée gagnante.

On leur a donné une lettre d’adieu comme point de départ. Sept ont répondu avec du tissu. Une a répondu avec un geste.

Air Jordan 1 « Love Letter », cahier des charges du programme

Ce que ça change concrètement pour toi

À court terme, rien. Tu ne peux pas acheter cette paire, tu ne peux pas t’inscrire à une liste, et personne ne t’a donné de fenêtre. Si tu croises un compte qui te vend une date de sortie pour cette Air Jordan 1, il l’a inventée.

À moyen terme, surveille le nom de Syn Zhuang lui-même. Si un code produit associé à son projet apparaît dans les bases de données de sorties, c’est que le développement est passé en phase industrielle. C’est le signal qui compte, bien plus que les rumeurs.

Et si tu chausses du 36 au 40, garde un œil dessus pour une autre raison. C’est le seul des huit prototypes conçu depuis le vestiaire féminin, sur une silhouette que la marque décline habituellement en taille femme par simple réduction d’échelle. Une Air Jordan 1 pensée d’abord pour ces pointures-là, ce serait une première.

Ce que Jordan Brand n’a pas dit

La marque a communiqué un nom et une promesse. Elle n’a pas dit si la paire sortirait dans le coloris du prototype, ni si la tige effondrable survivrait à la production de masse, ni si les sept autres finalistes verraient un jour leur travail sortir de l’atelier. Elle n’a pas dit non plus si le programme recommencerait en 2027.

Ce qu’elle a dit, en revanche, mérite d’être noté : son premier programme mondial d’ouverture du studio de design s’est terminé par la victoire d’une chaussure qui renonce au maintien. Sur une marque bâtie autour d’un joueur qui a passé quinze ans à ne jamais lâcher, le choix en dit long sur ce que la 1 est devenue.

Ce qu’il faut retenir de l’annonce du 31 août

Huit villes, quatre mentors, huit prototypes réunis à Shanghai le 29 août, une seule gagnante annoncée le 31 août : Syn Zhuang, designer indépendante à Pékin, pour une Air Jordan 1 en daim dont la tige s’effondre et se replie.

Trois inconnues restent au tableau : la date et le prix de la mise en vente, que Jordan Brand n’a pas communiqués ; la version finale du modèle, qui peut encore beaucoup bouger entre le prototype et la chaîne ; et le sort des sept autres prototypes, sur lesquels la marque n’a rien dit.

Sources

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