Jordan Design Studio : huit prototypes de Air Jordan 1 partent à Shanghai, un seul sera fabriqué
Fin juillet, on racontait ici le lancement du Jordan Design Studio : huit villes, huit ateliers, des créateurs locaux mis en binôme avec des noms de la maison. Une seule consigne — repartir de la Air Jordan 1 « Love Letter ».
Les copies sont rendues. Jordan Brand a dévoilé les huit prototypes retenus. L’un d’eux ressemble à un sac à main, anses comprises.
Huit villes, huit prototypes, une seule paire fabriquée
Le programme s’est achevé sur une sélection : un finaliste par ville. New York, Chicago, Los Angeles, Mexico, Tokyo, Pékin, Séoul, Shanghai.
Les huit se retrouvent le 29 août à Shanghai. Un seul gagnant sera désigné. Selon Jordan Brand, sa chaussure sera produite — avec une sortie publique possible, sans engagement plus précis à ce stade.
Les encadrants n’étaient pas des figurants
Nina Chanel Abney, Chris Gibbs, Angelo Baque et Hiroshi Fujiwara ont accompagné les cohortes, du point de vue au prototype.
Autrement dit : Union LA, Awake NY, fragment design. Des gens qui ont déjà eu la 1 entre les mains pour de vrai, et qui savent où la marque accepte qu’on la découpe.
Les huit projets, ville par ville
Cliquez sur une ville pour voir le prototype.
Photos : Sneaker News
Los Angeles a sorti la pièce dont tout le monde parle
Cheikh Tall a puisé dans ses origines ghanéennes pour envelopper la chaussure d’un tissu de sac de marché à carreaux. Anses comprises : elles dépassent au-dessus de la tige, littéralement.
Une Air Jordan 1 qu’on pourrait porter au bras.
Aucun des huit n’a traité l’objet avec des pincettes. C’est probablement ce que la marque voulait vérifier.
New York, Chicago, Mexico
À New York, Alaia Ryan empile les Swooshes et ajoute un patch « NAYR Air » maison sur un coloris jaune-rouge-vert.
À Chicago, Chelsea B a mis son crochet au centre du projet, avec des shrouds en tissu, des cols et des pointes retaillés.
Mexico livre la version la plus massive : un empilement de cuir, de toile et de daim qui emballe la 1 jusqu’à la faire disparaître.
L’Asie a joué la déconstruction
Les quatre projets asiatiques partagent une obsession : rendre la 1 transformable.
À Tokyo, Yuji Wada en tire une chaussure de ville. Textures froissées, tout noir, le Swoosh réduit à un contour en pointillés — présent par son absence.
À Pékin, Syn Zhuang propose un daim souple qui lorgne franchement du côté du soulier féminin, avec une entrée de pied qu’on rabat pour changer la silhouette.
Séoul envoie Jisoon Kim, qui n’en est pas à son premier détournement : c’est lui qui avait construit les bottes Air Jordan 6 portées par Tyla au All-Star Game WNBA. Même grammaire utilitaire ici, avec des sections de la 1 répétées sur une tige démesurée.
Et Shanghai, ville hôte, mise sur GG Wu et sa paire modulaire, qui passe de Mid à Low selon la manière dont on déploie son shroud.
Ce qui se joue vraiment le 29 août
La finale du concours ne se tient pas dans un salon. Elle est adossée à The One, le tournoi de un-contre-un que Jordan Brand organise chaque année pour les 14-18 ans, avec des qualifications dans plus de vingt villes et une finale mondiale à Shanghai.
Autrement dit : le prototype gagnant sera désigné devant un parquet, pas devant un jury en costume. C’est cohérent avec ce que la marque essaie de raconter depuis un an.
Jordan Design Studio — Championing the Next Great Idea
Le dispositif complet côté Nike, ateliers ville par ville et présentation des mentors.
Pourquoi la « Love Letter » comme point de départ
Le choix de la base n’est pas anodin. La Air Jordan 1 « Love Letter » reprend la lettre ouverte que Michael Jordan avait adressée au basket au moment de sa dernière retraite, en 2003.
Demander à de jeunes créateurs de partir de ce modèle-là, c’est leur confier un texte d’adieu et leur dire : découpez-le.
La question posée en creux est simple. Est-ce qu’une génération qui n’a pas vu Jordan jouer se sent le droit de toucher à sa première chaussure ? La réponse tient en huit prototypes dont aucun ne pourrait passer pour un rétro.
Un test à haut risque pour la 1
Le Design Studio n’est pas un concours isolé. Nike mène en parallèle le programme AirWorks, où huit créatifs travaillent avec Zellerfeld sur des silhouettes imprimées en 3D. Même logique : ouvrir l’atelier, faire entrer des gens qui ne sont pas passés par les écoles de design de la marque, et voir ce qui sort.
Sauf que la Air Jordan 1 est devenue un objet de patrimoine qu’on retouche par petites doses. Un coloris, un matériau, un talon. Là, on parle d’anses, de crochet et de tiges qui montent au mollet.
Rien avant le 29 août, et probablement rien avant plusieurs mois côté boutique : Jordan Brand parle d’une production, pas d’une date.
En revanche, la liste des huit noms devient une liste à surveiller. Ce type de programme fonctionne comme un vivier, et les finalistes reviennent souvent par une autre porte — une capsule, une paire d’ami de la maison.
Si la paire gagnante sort réellement en boutique, ce sera la première fois depuis longtemps que la 1 quitte la logique du rétro pour celle du prototype assumé.
Reste une question, et une seule. Jordan Brand aura-t-il le courage de produire la plus déraisonnable des huit, ou choisira-t-il celle qui rentre le plus facilement dans une boîte ?
Sources
- Sneaker News — Handbag Air Jordan 1s? Here Are The Finalists From The Jordan Design Studio
- Sole Retriever — Check Out the 8 Jordan Design Studio Finalists’ Air Jordan 1 Remixes
- Highsnobiety — The Jordan Design Studio Reimagines an Icon in the Windy City
- Nike — Jordan Brand Presents: The One 2026
À lire aussi : le Jordan Design Studio en huit villes, et la lettre d’adieu de Michael Jordan comme sujet d’examen. Et sur la présence ghanéenne chez Jordan Brand cette année, la Air Jordan 16 de Free The Youth.
