Air Jordan 40 « Greatness Edition » : 23 paires dans le monde, et le règne du modèle s’achève

Air Jordan 40 « Greatness Edition » : 23 paires dans le monde, et le règne du modèle s’achève

Vingt-trois paires. Pas vingt-trois mille, pas deux mille trois cents : vingt-trois. C’est le tirage total de la Air Jordan 40 « Greatness Edition », un objet que Jordan Brand n’a pas mis en vente et ne mettra pas en vente. La marque l’a envoyé à vingt-trois personnes dans le monde, choisies parce qu’elle estime qu’elles ont atteint quelque chose d’extraordinaire dans leur domaine. Et au lieu de livrer une chaussure, elle a livré une question.

Le résumé en 30 secondes

23paires dans le monde entier
0sortie publique prévue
1chronomètre Hanhart dans la boîte

Dans cet article

  • Pourquoi le chiffre 23 n’est jamais choisi au hasard chez Jordan Brand
  • Le contenu exact du coffret, pièce par pièce
  • Le poil de poney blanc et le mot que la marque ne prononce pas
  • Jacques Slade, le destinataire qui raconte le mieux le thème
  • Ce que cela dit de la fin de vie de la Jordan 40

Vingt-trois. Pas vingt-cinq, pas cent.

Il y a une arithmétique maison chez Jordan Brand, et elle n’a rien à voir avec la production. Quand la marque veut signifier qu’un objet compte, elle ne dit pas « série limitée ». Elle compte en symboles. Vingt-trois destinataires, c’est le maillot. C’est aussi, accessoirement, la garantie qu’aucune de ces paires ne passera jamais par une file d’attente ni par un tirage au sort.

Air Jordan 40 Greatness Edition en poil de poney blanc
Photo : @kustoo via Sneaker News

Le thème central du projet est le temps. Comment on le mesure, ce qu’on en fait, ce qu’il vaut. Pour une marque bâtie sur un joueur dont la carrière tient dans quelques secondes gravées dans la mémoire collective — 5,2 secondes au chrono lors du dernier tir en finale 1998 — le choix n’a rien d’abstrait.

Un coffret qui pose une question avant de montrer une chaussure

Le déballage ressemble moins à une ouverture de boîte qu’à un parcours. On tombe d’abord sur une boîte à chaussures miroir. Puis sur une enveloppe qui demande, en anglais : quelle est votre définition du temps ? La chaussure, elle, arrive en dernier.

Le coffret Air Jordan 40 Greatness Edition ouvert
Photo : @kustoo via Sneaker News

Du poil de poney blanc, et le mot que personne ne prononce

La chaussure elle-même joue sur la matière plutôt que sur la couleur. Tige en poil de poney blanc, bout en cuir noir, daim poilu gris au talon. Rien de criard, tout dans le toucher.

Le poil de poney blanc n’est pas un caprice de finition. Il évoque, sans que la marque ait besoin de l’écrire noir sur blanc, l’animal derrière l’acronyme que le basket colle à Jordan depuis trente ans : G.O.A.T. La chèvre. C’est le genre de clin d’œil que Jordan Brand adore : lisible pour ceux qui savent, invisible pour les autres.

Vingt-trois paires, aucune en vente : Jordan Brand ne fabrique plus une chaussure, elle fabrique un argument.
— His Airness

Détail de la Air Jordan 40 Greatness Edition
Photo : @kustoo via Sneaker News

Le hors-champ

Jacques Slade, ou la meilleure illustration du thème

Parmi les vingt-trois destinataires figure Jacques Slade, alias @kustoo, l’un des vidéastes sneakers les plus respectés du métier. Le détail qui colle parfaitement au thème du temps : il a lancé sa chaîne YouTube un jour après avoir été licencié de son poste dans l’édition, en 2013. Treize ans plus tard, Jordan Brand lui envoie un chronomètre.

Ce que ça change concrètement pour toi

Rien, en apparence : cette paire ne sera jamais dans ton panier. Mais elle t’apprend deux choses utiles. La première, c’est que la Jordan 40 est en fin de course — aucun coloris n’est au calendrier, ce qui veut dire que les modèles encore en rayon aujourd’hui sont les derniers, et que les prix de déstockage arrivent. La seconde, c’est que le prochain chapitre s’ouvre : la Air Jordan 41 est attendue d’un jour à l’autre. Si tu joues en Jordan 40 et que tu aimes ce modèle, c’est maintenant qu’on fait ses réserves, pas dans six mois.

Et après ?

Une marque qui referme un modèle de signature avec vingt-trois coffrets, un chronomètre et une lettre plutôt qu’avec un dernier coloris commercial, ça envoie un signal. Reste à savoir si la Jordan 41 aura droit au même traitement dans quatre ou cinq ans, ou si ce genre d’objet restera une exception. La question posée dans l’enveloppe vaut aussi pour Jordan Brand : qu’est-ce qu’on fait du temps qu’il nous reste avec un modèle ?

Sources

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