Air Jordan 17 Low « Black Patent » : la paire vendue en mallette revient sans qu on sache ce qu il y aura dedans

Air Jordan 17 Low « Black Patent » : la paire vendue en mallette revient sans qu on sache ce qu il y aura dedans

En 2002, Jordan Brand a vendu une paire de basket dans une mallette métallique, avec un CD-ROM à l’intérieur, pour 200 $ — la plus chère Air Jordan jamais produite à cette date. C’était la 17, celle du retour de Michael Jordan à Washington. Le 8 août, elle revient en version basse et verni noir intégral. Sans que personne ne sache encore ce qu’il y aura dans la boîte.

Les faits

Modèle
Air Jordan 17 Low « Black Patent »
Code
IV7640-001
Coloris
Black / Black – Metallic Silver
Sortie
8 août 2026
Prix
non officialisé

Un coloris neuf, pas un retour

La nuance a son importance, et Sneaker News la pose clairement : le « Black Patent » est un coloris inédit. Ce n’est pas la réédition de l’Air Jordan 17 Low « Black / Chrome » de 2002, même si tout le monde y pense. Cette dernière existe bel et bien — référence 303891-004, sortie le 5 octobre 2002 à 150 $ — et jouait sur un cuir lisse avec une texturation façon croco autour des œillets. La version 2026 prend le chemin inverse : elle passe la tige au verni brillant.

Sur les premières images, le verni couvre les panneaux latéraux et la pointe. Le col et le quartier passent au cuir perforé, ce qui casse la brillance. Les œillets sont chromés, les lacets noirs, le col textile rembourré. Un Jumpman discret traîne près du talon. Sur la semelle, les descriptions divergent — Sneaker News voit un caoutchouc bleu semi-translucide, Sneaker Bar Detroit décrit un gris foncé à pods noirs. Les deux médias commentent les mêmes photos, ce qui invite à en rester à « semelle translucide » en attendant du matériel officiel.

Air Jordan 17 Low Black Patent IV7640-001, verni noir et œillets chromés
Photo : @fkz_snkrs via Sneaker News.

La chaussure du dernier vrai retour

Le 25 septembre 2001, Jordan a 38 ans. Il abandonne son poste de président des opérations basket des Washington Wizards, vend ses 10 % de participation dans la franchise, et signe un contrat de joueur. Il reverse l’intégralité de son salaire de première année — un million de dollars — aux victimes du 11 septembre. Nike rappelle Wilson Smith III pour dessiner la chaussure de ce retour. Pas Tinker Hatfield, contrairement à ce qu’on lit régulièrement : Nike, Footwear News, Sneaker News et Sneaker Files sont unanimes sur ce point.

La 17 est la chaussure de cette saison-là, la 2001-02, et Jordan l’a réellement portée — c’est le modèle qu’il a le plus utilisé sur l’exercice. Le 4 janvier 2002, il devient le quatrième joueur de l’histoire de la NBA à franchir les 30 000 points en carrière, en 17 aux pieds. Malgré une blessure au genou qui limite sa saison à 60 matchs, il termine meilleur marqueur, meilleur passeur et meilleur intercepteur de son équipe. À 38 ans. Puis il passera à la 18 pour sa seconde et dernière saison, ce qui fait de la 17 la véritable Air Jordan du comeback.

Au All-Star Game 2002, il porte l’Air Jordan 17 Low « Lightning » — et rate un dunk grand ouvert que l’histoire n’a pas oublié. Footwear News prend d’ailleurs la peine de corriger une légende tenace : ce n’était pas son dernier All-Star Game, et lors du suivant, en 2003, il portait une Air Jordan 18.

Air Jordan 17 Low Black Patent, cuir perforé et œillets chromés en détail
Photo : @fkz_snkrs via Sneaker News.

Le système d’emballage présentait l’AJ17 dans une mallette métallique digne d’un jazzman en tournée, avec un guide numérique du design de la chaussure.

Nike, page officielle « The History of the Air Jordan 17 ».

Ce qu’il y avait vraiment dans la mallette

C’est ici que le dossier devient savoureux. L’inspiration revendiquée de la 17 est le jazz — les lignes fluides de la tige, et des notes de musique moulées sur les caches-lacets. Pendant que Smith dessinait, Jordan Brand signait son premier musicien : le saxophoniste Mike Phillips, premier artiste sous contrat chez Jordan ou chez Nike. La mallette rigide imite un étui d’instrument à vent. Et le disque glissé dedans n’est pas une légende : il est référencé dans une base discographique.

Sur Discogs, l’objet apparaît sous le titre « Various – Jordan 17 », label Nike, série « Volume 3 – Team Jordan Edition », CD-ROM promotionnel de 2002. Trois titres : « Team Jordan » par Loota, « This Is Not A Game Now » par un artiste non identifié, et « The Greatest » par Mike Phillips lui-même — qui produit également les deux premiers. Le disque contient aussi une courte vidéo, différente selon qu’on l’insère dans un PC ou dans un Mac. Le détail qui achève l’affaire : à la consultation de la fiche, un seul exemplaire est déclaré dans une collection, six personnes le cherchent, et aucune vente n’a jamais été enregistrée. Le CD-ROM est plus rare que la chaussure qu’il accompagnait.

Deux autres inspirations sont documentées. Une Aston Martin, dont Jordan possédait un exemplaire, pour le clip de talon chromé — trois sources indépendantes le mentionnent, aucune ne cite de modèle précis, donc pas de DB7 ici tant que personne ne l’atteste. Et un parcours de golf : la semelle extérieure est dessinée comme une vue aérienne de fairways, de greens et de bunkers. Dernier gag de designer, à tester chez soi : les œillets sont placés de manière à ce que le laçage puisse écrire « XVII ».

2002 contre 2026 — ce qui change
Choisissez une entrée.

Pourquoi on ne la voit presque jamais

Depuis la série d’origine, la 17 n’est quasiment jamais revenue. Le pack « Countdown » de 2008 et l’Air Jordan 17+ « Copper » de 2016 ont longtemps constitué les seules occasions, en dehors de quelques collaborations. Sneaker News avançait dès 2015 l’explication la plus probable : un dessin trop complexe, donc trop coûteux à reproduire, avec un prix de vente qui repasserait forcément au-dessus de 200 $. La prédiction s’est vérifiée à la lettre.

Les deux rééditions de 2024 sont parties à 300 $. La « Lightning » du 30 mai, volontairement tenue à l’écart de SNKRS pour être réservée à une poignée de boutiques — A Ma Maniére, APB, Extra Butter, Kith, Social Status, Stashed — et la « UNC » du 28 août. Toutes deux avec mallette, un accessoire que Jordan Brand a ajouté aux versions basses alors que les Low de 2003 n’en avaient pas : Sneaker News notait à l’époque que ce packaging premium « aide à justifier les 300 $ de prix public ». La Lightning se revendait au double dans les semaines qui ont suivi. Puis sont venues la collaboration Infinite Archives en octobre 2025, et la Doernbecher signée Zach Rumbaugh en janvier 2026, à 230 $.

Le hors-champ

La vraie « Black / Chrome » de 2002, celle que le verni réinterprète, ne vaut presque rien sur le marché secondaire : dernière vente à 285 $ sur StockX, une fourchette de 200 à 350 $ sur douze mois — et zéro transaction sur les trois derniers mois. Pendant ce temps, l’Air Jordan 17 OG White/Varsity Red, la référence d’archive de Nike, affiche une demande la plus basse à 1 500 $. Le noir de 2002 n’est pas rare : il est oublié.

Ce que ça change concrètement pour vous

Deux inconnues doivent guider votre 8 août. Le prix d’abord : ne budgétez pas 245 $ comme un acquis, ce chiffre remonte à un seul média et à des comptes de leakers, et Sneaker News refuse toujours de le publier. La mallette ensuite : si vous achetez cette paire pour l’objet complet, attendez les visuels officiels de packaging avant de vous engager, parce qu’à 245 $ contre 300 $ pour les Low de 2024 qui l’avaient, l’arbitrage de Jordan Brand est loin d’être évident. À l’inverse, si c’est le verni noir qui vous intéresse pour le porter, c’est le coloris le plus facile à assumer que la 17 ait jamais eu — et la vraie rareté ici, c’est le modèle, pas le coloris.

Le vrai sujet

Sneaker News résumait en octobre 2025 le calcul de Jordan Brand : la mode du cuir de basket des années 80 est « glacée », et la marque s’est enfin tournée vers l’ère post-Chicago pour parler à une génération qui voit les années 2000 comme son âge d’or. Avec un bémol lucide, formulé par le même média : les Low « Lightning » et « UNC » ont été chassées par cette même communauté vieillissante d’amateurs d’Air Jordan, pas par de nouveaux venus. La 17 a été la chaussure d’un homme de 38 ans qui refusait d’admettre que c’était fini. Vingt-quatre ans plus tard, elle est vendue à des gens qui avaient l’âge de le regarder jouer. Le hasard fait mal les choses.

Sources

À lire aussi sur His Airness : l’Air Jordan 16 « Ginger », l’autre paire de l’ère Wizards, la ligne de luxe Bin23 et ses 2 300 paires, et l’Air Jordan 41, la lignée qui ne s’arrête pas.

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