Candace Parker a raconté sa carrière en quatre quart-temps — Jordan, lui, avait réglé ses comptes

Candace Parker a raconté sa carrière en quatre quart-temps — Jordan, lui, avait réglé ses comptes

Candace Parker est montée sur la scène de Symphony Hall avec un ballon sous le bras. Neuf intronisés, une soirée de quatre heures, et pas un compte réglé. Springfield a fêté sa classe 2026 samedi 15 août, et pour qui a en tête ce que cette même salle a entendu en 2009, le contraste vaut le détour.

Neuf entrées, une soirée

La classe 2026 réunit Candace Parker, Elena Delle Donne, Chamique Holdsclaw, Doc Rivers, Amar’e Stoudemire, Mike D’Antoni, Mark Few, l’arbitre Joey Crawford et l’équipe nationale féminine américaine de 1996. Un joueur NBA, trois joueuses WNBA, trois entraîneurs, un arbitre et une équipe entière.

Le week-end avait commencé la veille par une séance d’autographes à Uncasville, dans le Connecticut, avant le tapis rouge du samedi soir et la cérémonie à Springfield.

La façade de Symphony Hall à Springfield, où se tient la cérémonie du Hall of Fame
Symphony Hall, à Springfield, où la classe 2026 a été intronisée samedi soir. Crédit : Daderot, CC0, via Wikimedia Commons

Parker a clôturé la soirée

Triple championne WNBA, double MVP de la ligue, Parker a eu le dernier discours. Elle a raconté une carrière qu’elle a dite bouclée, « passée d’une équipe à l’autre au sens propre comme au figuré ».

La phrase qui restera : « Je suis arrivée comme rookie avec Lisa Leslie et sa grandeur… et j’ai pu passer le relais à une G.O.A.T., A’ja Wilson, en partant. » Pendant qu’elle parlait, Wilson la dépassait à la onzième place des marqueuses de l’histoire de la WNBA. Le relais s’est passé pour de bon, à la minute près.

Elle a aussi remercié Dwyane Wade et Allen Iverson, et le ballon posé au pupitre n’était pas un accessoire : il lui semblait bizarre, a-t-elle dit, de monter sur cette scène sans la raison de sa présence.

Rivers, D’Antoni, Stoudemire : trois façons de dire merci

Doc Rivers a été accueilli par le Big Three des Celtics au complet — Ray Allen, Kevin Garnett et Paul Pierce. Il a glissé avant son discours que les réunir tous les trois pour l’occasion avait peut-être été son dernier grand fait d’entraîneur. Puis il a plaisanté sur sa voix rauque, produit d’une carrière passée à hurler, celle-là même qui a mené ce trio au titre 2008.

Mike D’Antoni a renvoyé le crédit à ses Suns, saluant des joueurs et des adjoints qui ont eu « le courage d’adopter une autre façon de jouer ». « Ensemble, nous avons influencé le jeu. » Il a cité la Linsanity de Jeremy Lin parmi ses souvenirs les plus marquants et décrit James Harden comme l’un des joueurs les plus habiles qu’il ait entraînés.

Amar’e Stoudemire, six fois All-Star, est revenu sur son arrivée à New York et sur la fin d’une disette de sept ans sans playoffs, en 2011. « Avant que j’arrive, personne d’autre ne voulait aller là-bas. Je me suis dit : les Knicks sont de retour, et on va le faire. » Il a dit son plaisir de voir la franchise gagner enfin cette année.

La classe 2026, un par un

Springfield, 15 août 2026 — sélectionnez un nom

Le seul qui a joué la carte de l'orgueil

Joey Crawford, trente-neuf ans d'arbitrage, a listé ses états de service comme on aligne des trophées : 2 500 matchs de saison régulière, 374 matchs de playoffs, cinquante matchs de Finales, des Finales de 1986 à celles de 2016. Puis il a cité Mohamed Ali : « ce n'est pas se vanter si on l'a vraiment fait. »

C'est la seule séquence de la soirée à avoir emprunté ce registre — celui de l'homme qui monte sur scène pour rappeler ce qu'il a accompli et à qui. Venant d'un arbitre, c'est-à-dire du seul métier du basket où l'on est jugé sur son invisibilité, la sortie avait quelque chose de doucement subversif.

Ce que Springfield avait entendu en 2009

Nous écrivions avant la cérémonie que cette salle avait servi de tribunal. En 2009, Michael Jordan y était monté avec une liste : l'entraîneur de lycée qui lui avait préféré un autre, les journalistes, les adversaires, les dirigeants. Un discours devenu une pièce à conviction dans le procès permanent de son caractère, et que beaucoup ont trouvé cruel.

Samedi, personne n'a fait ça. Parker a passé le relais, Rivers a remercié ses joueurs, Few a effacé son propre nom au profit de trente ans de recrues, D'Antoni a distribué le mérite à ses adjoints. Holdsclaw a terminé en s'adressant à ceux qui, dans la salle, traversaient quelque chose de difficile : « votre histoire n'est pas terminée, et votre grandeur est toujours en vous. »

Deux façons d'entrer au Hall of Fame, donc. L'une raconte ce qu'il a fallu vaincre. L'autre raconte à qui l'on doit. Jordan a été très critiqué pour la première — mais on peut aussi entendre son discours de 2009 comme le seul moment où il a dit à voix haute le carburant qui l'avait fait tenir quinze ans. La classe 2026 a simplement choisi de remercier plutôt que de régler.

Reste à savoir laquelle des deux options vieillira le mieux. Dans dix ans, on citera encore les phrases de 2009.

Sources

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