Hall of Fame 2026 : le 15 août, Springfield rouvre la salle où Michael Jordan a réglé ses comptes
Samedi 15 août, neuf noms entrent au Naismith Basketball Hall of Fame. La cérémonie se tient à Symphony Hall, Springfield, Massachusetts. C’est la salle où, le 11 septembre 2009, Michael Jordan est monté remercier tout le monde et a fini par régler des comptes vieux de trente ans.
L’essentiel
Enshrinement 2026 du Naismith Basketball Hall of Fame
samedi 15 août 2026
Symphony Hall, Springfield (Massachusetts)
gala d’ouverture le 14 août au Mohegan Sun, Uncasville
neuf intronisés, plus de 50 Hall of Famers attendus
NBA TV
Neuf noms, et deux qui ramènent à Chicago
La promotion 2026 tient en neuf entrées. Côté comité nord-américain : l’arbitre Joey Crawford, les entraîneurs Mark Few et Doc Rivers, le joueur Amar’e Stoudemire. Côté comité féminin : Candace Parker, Elena Delle Donne, Chamique Holdsclaw et l’équipe nationale féminine des États-Unis de 1996, prise en bloc. Mike D’Antoni complète la liste au titre des contributeurs.
Le Hall of Fame laisse chaque intronisé choisir lui-même celui ou celle qui le présentera, à condition de le prendre parmi les membres déjà en place. C’est dans cette liste que l’histoire de Jordan se glisse deux fois.
Rod Thorn, promotion 2018, présentera Joey Crawford et Mike D’Antoni. Thorn est l’homme qui, en 1984, dirigeait les Chicago Bulls et a utilisé le troisième choix de la draft sur un arrière de North Carolina. Jordan l’a cité dans son propre discours d’intronisation, en une phrase sans emphase : Rod Thorn m’a drafté. Dix-sept ans plus tard, Thorn monte deux fois sur la même scène, pendant que Jordan, lui, apparaît seize minutes par saison sur NBC.
John Stockton, promotion 2009, présentera Mark Few. Stockton a été intronisé le même soir que Jordan, dans cette même salle, à quelques dizaines de minutes d’intervalle. Il revient sur la scène qu’il partageait avec lui.

2009, la première fois à Symphony Hall
La cérémonie du 11 septembre 2009 était doublement particulière. C’était la cinquantième promotion du Hall, et la première à se tenir dans le Symphony Hall rénové de Springfield — celui-là même qui accueille l’édition 2026. La classe réunissait Jordan, David Robinson, John Stockton, Jerry Sloan et C. Vivian Stringer.
Jordan avait surpris tout le monde en choisissant David Thompson comme présentateur. Il s’en est expliqué dès les premières phrases : à onze ans, en Caroline du Nord, il détestait UNC et il aimait Thompson, l’ailier de North Carolina State. Pas seulement pour le jeu. Pour ce que l’homme représentait, et pour ce qu’il avait traversé.

Le discours qui a changé l’exercice
Il avait promis à ses amis de monter, de dire merci et de redescendre. Il l’a dit lui-même au pupitre : impossible, trop de gens à remercier. Il est resté longtemps, et il a passé une bonne part de ce temps à énumérer ceux qui avaient douté de lui.
Leroy Smith était dans la salle. Smith est le garçon retenu en équipe première du lycée Laney l’année où Jordan ne l’a pas été — la scène fondatrice de toute la mythologie. Jordan l’a fait venir, l’a montré du doigt, a noté qu’il faisait toujours ses 2,01 m et pas un centimètre de plus, puis s’est adressé au coach qui avait tranché en 1978 : vous vous êtes trompé.
Jerry Krause n’était pas là. Jordan lui a quand même répondu, sur la phrase que le dirigeant des Bulls avait posée des années plus tôt — les organisations gagnent les titres. Je n’ai pas vu d’organisation jouer avec la grippe à Utah, a répliqué Jordan depuis le pupitre. Je n’en ai pas vu jouer sur une cheville tordue.
Il y a eu Tex Winter, aussi, et sa remontrance classique sur l’absence de « i » dans le mot équipe, à laquelle Jordan avait répondu sur le moment qu’il y en avait un dans le mot victoire. Il y a eu une pique sur les billets passés de 200 à 1 000 dollars, qu’il avait bien fallu payer. Et il y a eu, à la toute fin, la seule phrase que tout le monde a retenue sans réserve : les limites, comme les peurs, ne sont souvent qu’une illusion.
À vérifier
Les citations de 2009 sont reprises d’une transcription publique du discours, qui comporte plusieurs noms mal orthographiés. Les formulations exactes en anglais peuvent varier d’une source à l’autre ; le sens, lui, est stable dans toutes les versions consultées.
La réception fut brutale. Une partie de la presse américaine a parlé d’un naufrage, d’un homme incapable de lâcher ses griefs le soir de sa consécration. B.J. Armstrong, qui a joué à ses côtés, en a fait une lecture inverse : Jordan venait de montrer en direct le mécanisme qui l’avait rendu meilleur que les autres. Les deux lectures se tiennent, et Jordan n’a jamais vraiment cessé depuis de tenir ses comptes en public. Elles ont surtout créé un précédent — depuis 2009, personne ne monte à Springfield sans savoir qu’un discours d’intronisation peut devenir un document.
Ce que 2026 en fera
La promotion de cette année a construit ses présentations comme des cartes de filiation. Candace Parker sera présentée par quatre personnes : Tamika Catchings, Cheryl Miller, Allen Iverson et Dwyane Wade — deux générations de basket féminin d’un côté, deux joueurs NBA de l’autre. Chamique Holdsclaw aura Catchings, Tina Thompson et Teresa Weatherspoon. Doc Rivers sera présenté par Kevin Garnett et Paul Pierce, les deux joueurs qui lui ont donné son titre en 2008.
Le cas le plus élégant est celui de l’équipe de 1996 : elle sera présentée par ses propres membres déjà intronisés, Teresa Edwards, Lisa Leslie, Rebecca Lobo, Katrina McClain, Dawn Staley, Sheryl Swoopes et Tara VanDerveer. Un groupe qui se fait entrer lui-même.
Reste la salle
Springfield n’est pas un lieu de spectacle. C’est une ville moyenne du Massachusetts où James Naismith a cloué un panier de pêches contre une balustrade en 1891, et le Hall of Fame y a bâti son musée en forme de ballon. La salle où l’on intronise n’a rien d’un théâtre de gala : c’est un théâtre municipal.
Le 15 août, neuf personnes vont y monter et parler d’elles. Depuis dix-sept ans, l’exercice se mesure malgré tout à ce qu’un homme de 46 ans en a fait un soir de septembre — quand il avait tout gagné et qu’il a préféré rappeler à un entraîneur de lycée, devant une salle pleine et une caméra, qu’il s’était trompé. Qui, cette année, aura envie de régler quelque chose ?
Sources
- NBA.com — Naismith Basketball Hall of Fame announces 2026 Enshrinement Ceremony presenters
- NBA.com — Hall of Fame: Class of 2026
- Naismith Basketball Hall of Fame — Enshrinement 2026
- Speakola — Michael Jordan, Basketball Hall of Fame induction speech, 11 septembre 2009 (transcription)
- The Spokesman-Review — Jordan, Stockton reach new heights (11 septembre 2009)
- Basketball Network — B.J. Armstrong on Michael Jordan’s Hall of Fame speech
Image à la une — Photo : Daderot, CC0, via Wikimedia Commons.
