Larousse sort un album de 75 joueurs le 16 septembre — et pose la question de ce qu’on transmet
Le 16 septembre, Larousse met en rayon Les Étoiles du basket, un album illustré qui réunit soixante-quinze joueurs, des légendes établies aux talents qui montent, Europe et États-Unis confondus. Un livre grand public, calibré pour la rentrée et pour les cadeaux de fin d’année. Et, sans le vouloir, un bon révélateur : à quoi ressemble le panthéon du basket quand on l’explique à quelqu’un qui n’a jamais vu Michael Jordan jouer ?
L’essentiel
Les Étoiles du basket, album illustré
Larousse
16 septembre 2026
Soixante-quinze joueurs portraiturés
Ce que l’éditeur annonce
Le principe tient en une ligne : soixante-quinze portraits, des icônes installées aux étoiles montantes, sur les deux rives de l’Atlantique. Larousse cite LeBron James, Stephen Curry et Kevin Durant du côté des légendes vivantes, Giannis Antetokounmpo et Luka Dončić du côté des Européens qui règnent sur la NBA.
C’est un objet de vulgarisation assumé, pas un livre de spécialiste. Le genre de volume qu’on offre à un enfant de dix ans qui a commencé le basket cette année — et qui, pour beaucoup de familles françaises, constituera la première rencontre écrite avec l’histoire de ce sport.
À vérifier
Le nom de l’auteur ou du collectif n’a pas été communiqué à ce stade, pas plus que la pagination ou le prix. Les informations disponibles proviennent d’un communiqué de l’éditeur relayé en juillet.
Un enfant de dix ans en 2026 n’a pas vu Jordan jouer
Le calcul est brutal. Michael Jordan a disputé son dernier match NBA le 16 avril 2003, sous le maillot des Washington Wizards. Un gamin qui reçoit ce livre à Noël prochain est né en 2015 ou 2016. Son père n’avait pas dix ans quand Jordan a raccroché.
Pour cette génération, Jordan n’est pas un souvenir. C’est un chapitre. Une image d’archive dans un documentaire, un logo sur une paire de chaussures, un nom qui revient quand les adultes discutent. Ce que des livres comme celui-là décident d’en dire — combien de pages, quelles images, quel classement implicite — fabrique une partie de la mémoire collective du basket en France.
La place du basket dans l’édition française
La rentrée 2026 confirme une tendance qui s’installe. TrashTalk publie chez Marabout, avec une histoire complète du basket depuis 1891 et un volume consacré à cent ans d’équipe de France. BasketSession fait vivre les mooks REVERSE — dont le numéro 4 consacré au basket new-yorkais, entré à l’impression cette semaine. Guillaume Graciano a sorti une histoire de la NBA chez Eyrolles en mars. Larousse arrive maintenant sur un segment plus large : le beau livre illustré, celui qui se vend en grande surface culturelle.
Ce n’est pas un détail. Le basket français a longtemps été raconté par des magazines et des forums, rarement par des maisons d’édition généralistes. Qu’un éditeur comme Larousse — dictionnaires, encyclopédies, livres jeunesse — juge le marché suffisant pour un album de soixante-quinze portraits dit quelque chose de la place que le jeu occupe désormais.
Ce qu’on aimerait y trouver
Un album de soixante-quinze joueurs pose forcément la question de la sélection. Combien de femmes ? Combien de joueurs français ? Combien d’avant-1980, à une époque où les images d’archives sont rares et chères ? Et surtout : est-ce que le livre raconte pourquoi ces joueurs comptent, ou se contente d’aligner des palmarès ?
Le meilleur test sera la page Jordan. Un livre pour enfants peut s’en tirer avec six titres, cinq MVP et le poster de 1988. Ou il peut essayer d’expliquer pourquoi, vingt-trois ans après son dernier match, une marque à son nom pèse encore plusieurs milliards et pourquoi des adolescents portent ses chaussures sans savoir contre qui il jouait. Les deux versions sont vraies. Une seule donne envie de continuer à lire.
Image à la une — Photo : Tdorante10, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Sources
- Presse Agence — Larousse réunit 75 légendes et étoiles montantes dans un album événement
- Marabout — les ouvrages TrashTalk
- Éditions Eyrolles — L’histoire de la NBA comme vous ne l’avez jamais lue
À lire aussi sur His Airness : le Mook #4 New York Deluxe Edition entré à l’impression, Michael Jordan et le débat du GOAT et le Jordan Design Studio et sa lettre d’adieu comme copie d’examen.