La Ferrari perdue de Michael Jordan refait surface : la 550 Maranello qui a dessiné la Air Jordan 14 aux enchères le 15 septembre
Juin 1997. Les Bulls viennent de gagner leur cinquième titre, et une photo fait le tour des rédactions : Michael Jordan quitte le United Center au volant d’une Ferrari rouge, cigare à la bouche. La voiture disparaît des radars cinq ans plus tard, vendue à un concessionnaire de l’Illinois. Pendant vingt-quatre ans, personne ne sait où elle est.
Elle est retrouvée. La Ferrari 550 Maranello de 1997, châssis 108712, plaque « MJ 5 », sera vendue en ligne par Joopiter du 15 au 30 septembre, avec une estimation de 700 000 à 1,3 million de dollars. C’est la voiture d’après laquelle Tinker Hatfield a dessiné la Air Jordan 14, celle du dernier tir de Jordan à Utah.
Rosso Barchetta, cuir fauve, jantes Speedline chromées, environ 6 400 miles au compteur. Le titre de propriété de 1997 et la carte de garantie signée par Jordan étaient dans le coffre. La voiture est exposée à New York du 15 au 20 septembre, à côté du maillot du Game 3 des Finales 1998.

La 550 Maranello marque en 1996 le retour de Ferrari aux grandes routières à moteur avant. V12 de 5,5 litres, boîte manuelle à grille, 320 km/h annoncés. Celle de Jordan est rouge Rosso Barchetta ; celle-ci, photographiée ailleurs, montre le même dessin de carrosserie.
La voiture de la deuxième dynastie
La 550 est livrée à Jordan en mai 1997, entre le premier et le deuxième titre de la seconde série de trois. Rouge Rosso Barchetta, cuir fauve, jantes Speedline chromées. Le siège conducteur a été modifié pour ses 1,98 m : rails allongés, rembourrage aminci, pour reculer plus loin qu’une 550 de série ne le permet. Jordan ne la garde pas au garage. Il la conduit aux matchs, aux entraînements, aux apparitions publiques, avec une plaque de l’Illinois qui dit « MJ 5 ».
La photo qui reste, c’est celle de juin 1997, au sortir du United Center après le cinquième titre, trophée et cigare. Puis, en décembre 2002, Jordan la cède à un concessionnaire de l’Illinois. Le châssis 108712 sort des registres publics et n’y revient plus.
Le titre de propriété de 1997 était dans le coffre. La carte de garantie porte encore sa signature et son adresse.
Ce que Curated a trouvé en ouvrant la voiture
Comment une Ferrari devient une Air Jordan
L’histoire est connue : Tinker Hatfield voit la 550 de Jordan et décide que la prochaine chaussure sera une voiture. La Air Jordan 14 reprend les ouïes latérales de la carrosserie, transformées en ailettes moulées sur la semelle ; le cuir matelassé de l’habitacle sur le col ; un motif de pneu sous la semelle ; et surtout un Jumpman posé dans un écusson, comme le cheval cabré de Maranello. La chaussure est prête pour les Finales 1998. Jordan la porte le 14 juin à Salt Lake City, pour le tir qui ferme sa carrière à Chicago.
Dix ans d’enquête et un numéro de châssis sur un forum
John Temerian, cofondateur de Curated, un marchand de supercars de Miami, cherche cette voiture depuis une dizaine d’années. Il a déjà retrouvé la Ferrari 512 TR de Jordan en 2025, après quinze ans d’absence. Pour la 550, il a engagé des détectives privés, sans résultat. La piste vient d’ailleurs : un numéro de châssis partiel, posté sur un vieux forum en ligne. Rapproché des registres de concessionnaires, il permet de reconstituer le numéro complet, puis de suivre la voiture jusqu’à un propriétaire de longue date en Californie, qui ne l’avait jamais mise en vente.
Temerian l’achète sans l’avoir vue. Elle arrive à Chicago en mai 2026. Dans le coffre, les papiers d’origine : le titre de propriété de l’Illinois daté de 1997, la carte de garantie avec la signature et l’adresse de Jordan. C’est ce dossier, plus que la peinture, qui justifie l’estimation.
Ce que Joopiter met en vente
Les enchères en ligne s’ouvrent le 15 septembre et se ferment le 30. La voiture est visible du 15 au 20 septembre au 16 Morton Street, à New York, à côté du maillot du troisième match des Finales 1998, celui du 96-54 infligé au Jazz, dont les enchères se ferment le 29. La 14 aux pieds de Jordan ce soir-là a été dessinée d’après la voiture exposée à côté du maillot.
La Ferrari 550 Maranello
Châssis 108712, 1997, papiers d’origine. Estimation 700 000 à 1,3 million de dollars. Première voiture vendue par Joopiter, avec Curated.
Le maillot du Game 3
Maillot blanc numéro 23 porté le 7 juin 1998 contre Utah. Estimation annoncée entre 10 et 15 millions de dollars, de quoi devenir le maillot de basket le plus cher jamais vendu.
Il y a des voitures de champion. Celle-ci est la seule qui ait donné une chaussure, et la chaussure a donné le dernier tir.
Pourquoi le châssis 108712 n’est pas une Ferrari comme les autres
Ce que ça change concrètement pour toi
D’abord, tu ne vas pas l’acheter, et ce n’est pas grave. Ce qui t’intéresse, c’est la vente comme spectacle : les enchères sont publiques en ligne sur joopiter.com du 15 au 30 septembre, et tu peux suivre le prix monter, comme pour le maillot. Le plafond de 1,3 million dira si le nom de Jordan vaut plus qu’un V12 manuel de 6 400 miles, et de combien.
Ensuite, ta 14. Si tu en as une paire, retourne-la : les ailettes de la semelle, l’écusson du Jumpman, le motif de pneu. Tout cela vient de la voiture qui sera exposée à New York. La 14 « Forest Green » sort cet automne, His Airness l’a couverte en août ; c’est le moment de regarder le modèle autrement.
Enfin, ton calendrier. Si tu passes par New York entre le 15 et le 20 septembre, l’exposition du 16 Morton Street est le seul endroit où voir, dans la même pièce, la voiture de juin 1997 et le maillot de juin 1998. Joopiter n’a pas précisé les conditions d’accès : vérifie avant de faire le déplacement.
La Ferrari 550 Maranello de 1997 de Michael Jordan, châssis 108712, disparue depuis décembre 2002, est vendue en ligne par Joopiter et Curated du 15 au 30 septembre, estimée 700 000 à 1,3 million de dollars, exposée à New York du 15 au 20 à côté du maillot du Game 3 des Finales 1998. C’est la voiture qui a inspiré la Air Jordan 14.
Deux inconnues restent au tableau : le prix d’adjudication, que le marché des Ferrari de Jordan n’a jamais fixé aussi haut, et l’identité de l’acheteur, Joopiter ne disant pas si la vente sera publique jusqu’au nom. Le kilométrage exact et l’état mécanique n’ont pas été détaillés au-delà des « environ 6 400 miles ».
Ce que la voiture ne dit pas
Reste une question que le dossier laisse ouverte. Michael Jordan n’a pas commenté la découverte, ni la vente. La voiture porte sa signature sur une carte de garantie, pas sur une lettre. On vend donc un objet qui lui a appartenu, pas un objet qu’il a choisi de transmettre, et c’est toute la différence avec le maillot, arrivé sur le marché par un autre chemin. Vingt-quatre ans après l’avoir laissée chez un concessionnaire, Jordan regardera peut-être le prix monter comme tout le monde. Ou pas du tout.
Sources
- AutoGuide — Michael Jordan’s Missing 1997 Ferrari 550 Maranello Rediscovered
- Luxurylaunches — Michael Jordan’s lost Ferrari 550 Maranello is now up for auction
- The Athletic / New York Times — Michael Jordan Ferrari auction
- We Are Curated — We Found Michael Jordan’s Ferrari 550
- CNN — Michael Jordan’s ‘Last Dance’ 1998 Finals jersey could sell for over $10 million
