Le musée du basket français ouvre un week-end par an — et il conserve une bannière de 1894

Le musée du basket français ouvre un week-end par an — et il conserve une bannière de 1894

Il existe un musée du basket en France. Il se trouve au rez-de-chaussée du siège de la Fédération, 117 rue du Château des Rentiers, dans le 13e arrondissement de Paris. Il abrite une bannière de 1894, l’un des plus anciens objets liés à l’histoire de ce sport dans le monde. Et il ouvre ses portes au public, selon la formule officielle de la FFBB, « à l’occasion des journées du patrimoine ». C’est-à-dire un week-end par an. Cette année, ce sera à la mi-septembre.

L’essentiel


117 rue du Château des Rentiers, Paris 13e
Quand
Journées du Patrimoine, 19-20 septembre 2026
Combien
Gratuit, sans réservation
La pièce
Une bannière de 1894

Un espace muséal qui n’ouvre presque jamais

L’Espace muséal de la FFBB a été inauguré au printemps 2011, en présence de Jean-Pierre Siutat, d’Yvan Mainini — alors président de la FIBA — et de Gérard Bosc, président fondateur du Musée du Basket. L’association derrière ce fonds est bien plus ancienne : créée en 1984 par René Lozach et Gérard Bosc comme centre de documentation, elle prend le nom de Musée du Basket en 1991.

Depuis 2014, ce lieu s’ouvre au grand public lors des Journées européennes du Patrimoine. Le reste de l’année, il fonctionne comme un outil interne : visites de groupe sur rendez-vous, et un centre de recherche et de documentation baptisé du nom d’Yvan Mainini, qui abrite la bibliothèque et les archives historiques de la Fédération, plutôt réservé aux chercheurs, aux étudiants et aux journalistes.

La collection tient dans un volume modeste et une densité rare : maillots historiques, trophées, médailles, affiches anciennes, documents et objets ayant appartenu aux grandes figures du basket français. Une fresque scénographique retrace l’histoire du jeu depuis la fondation de la fédération ; une nouvelle version, signée du scénographe Philippe Cazaban et du street artiste Claks, a été dévoilée le 28 novembre 2024 pour intégrer les périodes récentes, dont les Jeux de Paris.

La bannière de la rue de Trévise

La pièce maîtresse ne ressemble à rien de ce qu’on imagine quand on pense « musée du basket ». C’est un textile. Une bannière de l’Union Chrétienne des Jeunes Gens de Paris, datée de 1894, présentée par la Fédération comme l’un des plus anciens objets liés à l’histoire du basket à l’échelle mondiale.

La date n’est pas un hasard. Le basket a été inventé à Springfield pendant l’hiver 1891 par James Naismith. Le premier match disputé en Europe l’a été le 27 décembre 1893, à Paris, salle de la rue de Trévise. Deux ans séparent l’invention du jeu de son arrivée sur le continent — et la bannière conservée rue du Château des Rentiers date de l’année suivante.

Elle ne sort de sa réserve qu’exceptionnellement, une fois dans la journée, pendant les Journées du Patrimoine.

À vérifier avant de vous déplacer

Les Journées européennes du Patrimoine 2026 se tiennent les 18 (scolaires), 19 et 20 septembre, sur le thème national du patrimoine de la photographie. L’ouverture de l’Espace muséal les deux jours n’est pas confirmée par la FFBB à l’heure où nous écrivons : en 2025, la Fédération n’avait ouvert que le samedi. Les horaires et le calendrier des visites commentées sont donc à confirmer directement auprès du service patrimoine de la FFBB.

Ce que la France conserve

Le patrimoine basket français, en quatre dates



Ce n’est pas le seul lieu. Le Musée National du Sport, installé à Nice depuis le 27 juin 2014 au cœur de l’Allianz Riviera, conserve plus de 45 000 objets et 400 000 documents, tous sports confondus — une collection dont la constitution a commencé en 1963. Il a consacré Tony Parker « Légende du Sport » en juin 2023, quelques semaines avant que celui-ci ne devienne le premier Français intronisé au Naismith Memorial Basketball Hall of Fame, le 12 août de la même année.

Pendant ce temps, de l’autre côté

Le contraste est brutal, et il tient en quelques chiffres.

Le 20 juillet 2026, Sotheby’s a adjugé 1 792 000 dollars un lot de dix sections du parquet sur lequel les Bulls ont gagné les titres 1996, 1997 et 1998, signées par Michael Jordan et Scottie Pippen. Le parquet a été découpé, authentifié image par image, vendu au morceau.

Ce n’est pas un cas isolé. En septembre 2022, le maillot porté par Jordan au Game 1 des Finales 1998 est parti à 10,1 millions de dollars. En février 2024, les six paires portées lors du dernier match de chacun de ses six titres ont été vendues en lot 8 millions. À l’automne suivant, une collection de cinq pièces portées en match totalisait 8,5 millions.

Aux États-Unis, l’objet historique a un prix de marché, un marché liquide, des experts et des maisons de vente. Le Naismith Memorial Basketball Hall of Fame, à Springfield, existe comme institution depuis 1959 et occupe son bâtiment actuel depuis septembre 2002. En France, la bannière de 1894 dort onze mois et demi par an dans une réserve de la rue du Château des Rentiers, et personne ne songerait à la vendre.

Deux façons de tenir sa mémoire

On peut lire ça comme un retard français. Ce serait un peu court. Le modèle américain transforme la mémoire en actif : ce qui est conservé est ce qui se vend, et ce qui ne trouve pas d’acheteur disparaît. Le modèle fédéral français conserve mal, montre peu, mais ne dissipe pas.

Il reste que le résultat est le même pour un gamin qui joue au basket à Bordeaux ou à Roubaix : il ne verra jamais cette bannière. Il connaîtra en revanche le prix du maillot de 1998, parce que ce chiffre-là circule.

Le week-end du 19 septembre, l’entrée est gratuite et sans réservation. C’est peu. C’est aussi la seule occasion de l’année.

Image à la une — Cérémonie d’ouverture de l’EuroBasket 1939. Photo d’archive, domaine public, via Wikimedia Commons.

Sources

À lire aussi sur His Airness : le parquet des trois titres Bulls adjugé 1,79 M$ chez Sotheby’s, l’album Larousse et la question de ce qu’on transmet et le Mook #4 consacré au basket new-yorkais.

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