Air Jordan 11 MCS : la 11 retourne sur le terrain de baseball où Tinker Hatfield l’a montrée à Michael Jordan

Air Jordan 11 MCS : la 11 retourne sur le terrain de baseball où Tinker Hatfield l’a montrée à Michael Jordan

Il y a des objets qui bouclent des histoires sans le faire exprès. Jordan Brand a montré début septembre une Air Jordan 11 MCS noire, cuir verni du talon à la pointe, Jumpman doré au col, et une plaque à crampons vissée sous la semelle. Un crampon de baseball, donc. Pas une édition anniversaire, pas une collaboration : un produit de terrain, prévu pour l’automne 2026.

Sauf que la Air Jordan 11 n’a pas été dessinée dans une salle de basket. Elle a été montrée pour la première fois à Michael Jordan en juillet 1994, dans le vestiaire d’un stade de baseball de Birmingham, en Alabama, sous deux serviettes tenues à bout de bras par Tinker Hatfield. Trente-deux ans plus tard, elle revient sur ce terrain-là. Référence HM7326-001, annoncée à 220 dollars par Sneaker News, à 210 par d’autres — et sans date précise à ce stade.

Le résumé en 30 secondes
1994
L’année où Hatfield sort la 11 de son sac dans un vestiaire de Barons
220 $
Le prix donné par Sneaker News — d’autres médias écrivent 210
32
Les années entre le vestiaire de Birmingham et ce crampon

La Air Jordan 11 MCS « Black/Metallic Gold » arrive pour l’automne-hiver 2026. Jordan Brand n’a communiqué ni date de sortie ni prix officiel : les deux chiffres qui circulent viennent de la presse spécialisée et se contredisent. Tout le reste — le coloris, la référence, la plaque à crampons — est visible sur les images produit.

Le module — la HM7326-001 en cinq détails
Clique sur un onglet : la photo change et le détail est expliqué dessous.
Air Jordan 11 MCS « Black/Metallic Gold » HM7326-001 vue de profil
Crédit : Nike / Jordan Brand, via Sneaker News
La ligne
La silhouette de 1995, à l’identique

Vue de côté, rien ne trahit le crampon. La coque en cuir verni monte exactement à la même hauteur que sur une 11 de basket, le col garde sa découpe haute, la languette porte le même écusson brodé. Jordan Brand n’a pas redessiné le haut de la chaussure : il a changé ce qu’il y a dessous.

Images produit diffusées par la marque et relayées par Sneaker News. La photo d’archive plus bas provient de Wikimedia Commons.

Ce que Jordan Brand met exactement sur la table

Reprenons dans l’ordre, parce que sur ce dossier les médias ne racontent pas tout à fait la même chose. La chaussure existe, les images produit ont circulé le 1er septembre, la référence est établie. C’est sur le calendrier et sur le prix que ça se complique : Sneaker News annonce 220 dollars, Sneaker Files et Sneaker Bar Detroit écrivent 210, et personne n’a de date au jour près. Nike a ouvert une fiche produit pour la Jordan 11 Retro MCS, sans plus de précision publique.

Cette 11 MCS n’est d’ailleurs pas seule. Une déclinaison blanche et Legend Blue, référencée HM7326-100 et surnommée « Rare Air » par la presse, a été repérée avant celle-ci sur les mêmes canaux. Autrement dit, Jordan Brand ne teste pas une paire isolée : il installe une gamme.

Ce qui est établi, ce qui ne l’est pas

Quand trois médias donnent deux prix et aucune date, ce n’est pas un détail de fiche technique : c’est le signe que la marque n’a pas fini d’écrire son lancement.

Air Jordan 11 MCS HM7326-001

Juillet 1994 : deux serviettes dans un vestiaire de Birmingham

Pour comprendre pourquoi ce crampon est autre chose qu’une déclinaison de catalogue, il faut revenir à l’endroit où la Air Jordan 11 a existé pour la première fois devant les yeux de Michael Jordan.

Nous sommes à l’été 1994. Jordan a quitté la NBA en octobre 1993, il porte le maillot des Birmingham Barons, le club-école Double-A des Chicago White Sox. Chez Nike, plus personne ne croit à une nouvelle Air Jordan : le joueur n’est plus sur un parquet, l’argument commercial s’est évaporé. Tinker Hatfield, lui, a terminé son dessin en douce et refuse de le montrer à qui que ce soit avant l’intéressé. Il prend un avion pour l’Alabama avec la chaussure dans un petit sac de sport.

Rickwood Field, le stade de Birmingham en Alabama
Rickwood Field, à Birmingham, le plus ancien stade de baseball professionnel encore debout aux États-Unis. C’est dans cette ville que Michael Jordan a passé la saison 1994 sous le maillot des Barons. Crédit : Adam Jones, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.

Le récit, Hatfield l’a livré à Andscape en décembre 2025, pour les trente ans du modèle. Les Barons viennent de gagner. Le vestiaire ressemble à celui d’un lycée, les joueurs s’aspergent d’eau et se claquent des serviettes. Le designer attrape deux grandes serviettes, demande à Jordan de s’asseoir dans un coin, les jette par-dessus eux deux et sort la 11 du sac. Des coéquipiers essaient de regarder dessous ; Jordan les repousse d’une main.

La première phrase de Michael Jordan en découvrant la chaussure n’a rien à voir avec le basket. Il dit à Hatfield que les gens se marieront avec ça aux pieds — que c’est une chaussure de ville autant qu’une chaussure de sport. Hatfield lui répond qu’il est fou. Trente ans plus tard, la 11 est effectivement le modèle Jordan que l’on voit le plus souvent sous un costume.

Le reste de la scène est encore plus parlant. Hatfield explique que Nike n’est pas prêt à commercialiser le modèle puisque son athlète joue au baseball. Jordan répond en substance : on les fabrique quand même, tant pis pour eux. Il repartira avec quelques paires, avec pour consigne de ne les porter qu’à l’entraînement — consigne qu’il ne respectera pas. La 11 débarquera par surprise dans les playoffs 1995, au retour de Jordan sur les parquets.

Je n’avais jamais vu une chaussure de sport en cuir verni.

John Ligmanowski, ancien intendant des Chicago Bulls, à Andscape

Le compte qui donnera la date

Les images produit de la HM7326-001 circulent, mais Jordan Brand n’a encore rien publié sur ses propres canaux : ni date, ni prix, ni campagne. Quand la fiche basculera sur SNKRS, elle passera d’abord par le compte officiel de la marque. C’est là qu’il faudra regarder.

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Le crampon n’est plus un produit de complément

Il y a quinze ans, une Air Jordan à crampons était une curiosité, un cadeau de fin de saison pour un joueur sous contrat. Ce n’est plus le cas. Jordan Brand a signé ces dernières années des joueurs installés dans les meilleures équipes de la Ligue majeure et les habille en séries d’exclusivités qui finissent presque toutes en images virales.

La logique est simple : le baseball est le sport américain où l’on voit le mieux les chaussures. Le joueur reste debout, immobile, filmé en plan serré pendant des heures. Une paire noire et or au marbre se voit mieux qu’un maillot.

Hier

Le crampon comme cadeau

Des paires uniques, jamais commercialisées, offertes à quelques athlètes sous contrat. On les découvrait sur des photos de vestiaire ou dans des ventes aux enchères, des années plus tard. Le grand public n’y avait aucun accès.

Aujourd’hui

Le crampon comme ligne

Deux coloris de 11 MCS annoncés pour la même saison, une référence produit publique, une fiche Nike ouverte. Le crampon quitte le vestiaire pour entrer au catalogue, avec un prix proche de celui d’une paire de basket.

1994
Hatfield montre la 11 à Jordan dans un vestiaire des Barons, sous deux serviettes.
1995
La chaussure apparaît sans prévenir pendant les playoffs, au retour de Jordan.
2006
Le Defining Moments Pack installe le noir et or dans la mythologie du modèle.
2026
La 11 revient sur un terrain de baseball, cette fois en produit de catalogue.

Ce que ça change concrètement pour toi

Première chose : ne bloque pas ton budget sur une date. Il n’y en a pas. Ce qui circule pour l’instant, c’est une fenêtre — automne-hiver 2026 — et deux prix qui se contredisent. Si tu veux cette paire, mets une alerte sur la référence HM7326-001 plutôt que sur un jour de calendrier, et attends la fiche SNKRS.

Deuxième chose : c’est un crampon, pas une sneaker lifestyle qui se trouve être noire. La plaque moulée sous la semelle est faite pour mordre dans de la terre et de l’herbe. Sur du bitume, elle s’use vite et elle glisse. Si tu la veux pour la porter en ville, tu achètes une chaussure de sport spécialisée en sachant qu’elle ne fera pas ce que tu lui demandes — et à 210 ou 220 dollars, c’est une décision qui se pose.

Troisième chose, pour les collectionneurs : le cuir verni noir marque énormément. Sur une 11 de basket, on le protège. Sur un crampon censé finir dans la poussière, la question ne se pose même pas. Deux usages possibles, donc, et ils s’excluent l’un l’autre. Choisis avant d’acheter, pas après.

Ce qu’il faut retenir avant l’automne

La Air Jordan 11 MCS HM7326-001 arrive en Black / Anthracite / Metallic Gold pour l’automne-hiver 2026, entre 210 et 220 dollars selon les sources, avec une plaque à crampons moulés à la place de la semelle translucide. Une seconde version, la HM7326-100, est annoncée en blanc et Legend Blue.

Trois inconnues restent au tableau : la date exacte, que Jordan Brand n’a pas communiquée ; le prix officiel, sur lequel la presse spécialisée se contredit de dix dollars ; et la distribution européenne, dont personne n’a parlé — les crampons de baseball ne sortent pas systématiquement de ce côté de l’Atlantique.

Sources

  • Sneaker News, « The Air Jordan 11 MCS Baseball Cleat Is Ready For October In “Black/Metallic Gold” », 1er septembre 2026 — sneakernews.com
  • Sneaker Files, « Air Jordan 11 MCS Baseball Cleats Black Metallic Gold HM7326-001 » — sneakerfiles.com
  • Sneaker Bar Detroit, « Air Jordan 11 MCS “Black/Metallic Gold” Baseball Cleats » — sneakerbardetroit.com
  • Nike, fiche produit Jordan 11 Retro MCS — nike.com
  • Ian Stonebrook, « On its 30th anniversary, 11 untold stories about the iconic Air Jordan 11 », Andscape, 22 décembre 2025 — entretiens avec Tinker Hatfield et John Ligmanowski — andscape.com

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