L’agenda TrashTalk 2026-2027 met les dynasties NBA au programme de la rentrée
Il est en librairie depuis le 3 juin, il coûte 12,95 €, il fait 352 pages et il finira dans des milliers de sacs à dos début septembre. L’agenda TrashTalk 2026-2027, sixième du nom, s’est choisi un fil rouge : les dynasties NBA. Des Celtics de Bill Russell aux Warriors de la dernière décennie. Autrement dit, quelque part entre un contrôle de maths et un devoir d’histoire, un collégien français va lire une page sur les Bulls.
L’essentiel
Agenda scolaire TrashTalk 2026-2027
Hugo Image
3 juin 2026
352 pages, 12,95 €
Les dynasties NBA
Un agenda qui se prend pour un manuel
Le principe n’a pas bougé depuis six ans. TrashTalk, le média NBA francophone, fournit le contenu ; Hugo Image, filiale du groupe Hugo Publishing, fournit l’objet. Entre les semaines à remplir et les cases de devoirs, on trouve des anecdotes, des quiz à faire jour après jour, des leçons sur l’histoire du jeu et ses coulisses. En fin d’ouvrage, un cahier de vacances, pour la sortie de piste de juin 2027. La couverture de l’année scolaire va de la rentrée de septembre à l’été suivant.
Trois signatures cette année : Benoît Carlier, Giovanni Marriette et David Carroz. Le catalogue de l’éditeur range l’objet dans la papeterie ; la table des matières, elle, ressemble davantage à un programme. C’est précisément ce qui rend le choix du fil rouge intéressant.
À vérifier
Le résumé officiel diffusé par Hugo Publishing ne mentionne pas le thème des dynasties : il s’en tient aux « anecdotes, jeux, photos, infos de partout ». Le fil rouge a été relayé début juillet par la presse basket régionale à partir de la communication de l’éditeur. Le détail des équipes traitées, et la place accordée aux Bulls, ne sera vérifiable qu’agenda en main.
Le mot « dynastie » aplatit tout
Ranger les Celtics des années 60, les Lakers du Showtime, les Bulls et les Warriors dans une même case, c’est pratique et c’est un peu faux. Boston a gagné huit titres d’affilée entre 1959 et 1966, onze en treize saisons autour de Bill Russell, dans une ligue à huit ou neuf équipes. Golden State a gagné quatre fois en huit ans dans une ligue à trente franchises, avec un plafond salarial, une draft et une agence libre conçus pour empêcher exactement ça. Les deux sont des dynasties. Elles ne racontent pas la même histoire.
Chicago occupe une position à part. Six titres en huit saisons, oui, mais coupés en deux : 1991, 1992, 1993, puis le vide, puis 1996, 1997, 1998. Entre les deux, Michael Jordan est parti jouer au baseball. Aucune autre dynastie de l’histoire de la ligue ne s’est interrompue parce que son meilleur joueur avait décidé d’aller faire autre chose — et n’a repris que parce qu’il avait décidé de revenir. Les 72 victoires de la saison 1995-96 sont le chiffre qu’on retient. Le trou de deux ans au milieu est le fait qui explique le reste.
Ce qu’un gamin de treize ans retient d’un quiz
C’est là que l’exercice devient sérieux. Un agenda scolaire n’est pas un livre qu’on lit : c’est un livre qu’on ouvre trois cents fois. Une anecdote lue en septembre entre deux cours d’anglais s’installe plus solidement qu’un chapitre de beau livre feuilleté une fois à Noël. Le format est faible en profondeur et redoutable en répétition.
Pour la génération concernée — des élèves nés autour de 2012 —, Jordan n’est ni un souvenir ni même un joueur. C’est une catégorie. Un logo sur des chaussures, un nom qui revient dans les discussions des adultes, une silhouette dans un documentaire. Ce que trois cents pages d’agenda décident d’en dire, en deux ou trois encadrés, devient une part non négligeable de ce qu’ils en sauront. Six titres et 72 victoires, c’est un palmarès. Une équipe qui s’est arrêtée net parce qu’un homme a rangé ses chaussures pour attraper des balles en ligue mineure, c’est une histoire.
La rentrée 2026 du basket en librairie française
L’agenda n’arrive pas seul. La rentrée confirme ce qu’on notait déjà en évoquant l’album de soixante-quinze joueurs que Larousse sort le 16 septembre : le basket a cessé d’être un sujet réservé aux magazines spécialisés et aux forums. TrashTalk publie aussi chez Marabout, BasketSession fait vivre ses mooks — le Mook #4 New York Deluxe Edition vient d’entrer à l’impression —, et des maisons généralistes s’y mettent.
Un agenda à 12,95 € n’a évidemment pas le prestige d’un beau livre. Il a autre chose : il entre dans les cartables par la porte de la papeterie, celle où les parents achètent sans réfléchir. C’est probablement le format de transmission le plus efficace du lot, et personne ne le présente comme tel.
Reste la page qu’on aimerait lire
On saura en septembre ce que les auteurs ont fait des Bulls. Le raccourci existe et il est confortable : le poster du concours de dunks 1988, le tir sur Bryon Russell en 1998, les six bagues, le débat du GOAT servi tel quel. Le chemin difficile consiste à expliquer à un élève de quatrième pourquoi une équipe qui gagnait tout s’est arrêtée deux ans, et ce que ça dit d’un joueur qui n’avait plus rien à prouver. Trois cents jours pour poser la question. C’est une chance que peu de livres ont.
Sources
- Hugo Publishing — Agenda scolaire Trashtalk 2026-2027 (fiche éditeur)
- Decitre — #Trashtalk. Agenda, Edition 2026-2027 (pagination, auteurs, EAN)
- basketain — L’Agenda TrashTalk 2026-2027 est disponible !
Image à la une — Photo : Esparta, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.