Michael Jordan offre 10 millions à UNC au nom de sa mère : le plus gros chèque de l’histoire de l’école de travail social
Michael Jordan n’était pas dans la salle. Lundi 5 octobre, sur le campus de Chapel Hill, c’est sa mère qui a reçu les applaudissements, un gâteau pour ses 85 ans et une sculpture de glace sur laquelle on pouvait lire « She gets it done! ». Le fils, lui, avait envoyé un message vidéo surprise. Et un chèque.
Le montant : 10 millions de dollars pour la UNC School of Social Work, le plus gros don jamais reçu par l’école. Il finance un centre international rebaptisé au nom de Deloris P. Jordan, le Jordan Institute for Families et dix premières bourses de 12 500 dollars. C’est la deuxième fois en onze mois que Jordan signe un chèque de ce montant au nom de sa mère.
Annoncé le 5 octobre 2026, le don renomme le centre international de l’école au nom de Deloris P. Jordan, soutient le Jordan Institute for Families fondé en 1996 et crée des bourses de master. La répartition entre ces trois postes n’a pas été rendue publique.

Le cliché vient du journal étudiant de Duke, le grand rival, quelques mois après le tir contre Georgetown. Jordan porte le 23 de North Carolina. Sa mère, elle, fréquente déjà les couloirs de l’université depuis son arrivée en 1981.
Ce que finance le don, ligne par ligne
Le communiqué de l’université parle d’un « commitment », un engagement, de Michael Jordan, présenté avec son année de diplôme comme tout ancien élève : « Michael Jordan ’86 ». Trois destinations sont listées. La première est un changement de nom. Le Global Social Development Innovations Center, créé en 2017, devient le Deloris P. Jordan Global Social Development Innovations Center. Selon The Assembly, média d’enquête de Caroline du Nord, c’est lui qui reçoit l’essentiel de l’argent : il place des étudiants de UNC en stage sur 25 sites dans le monde, dont un centre que Deloris Jordan a elle-même fondé au Kenya.
La deuxième destination est le Jordan Institute for Families, fondé en 1996 par Michael et sa famille. Santé maternelle, aidants, visites à domicile, santé mentale, bien-être des enfants : c’est le bras « terrain » de l’école en Caroline du Nord. Le montant du don fondateur de 1996 n’a jamais été publié, ni par l’université ni par l’institut.
La troisième est la plus concrète. Le programme Jordan Family Scholars verse 12 500 dollars à des étudiants du Master of Social Work qui font face à des obstacles financiers. Dix lauréats ont été nommés pendant la cérémonie. Leurs noms n’ont pas été diffusés.
« La Caroline du Nord sera toujours chez moi. »
Michael Jordan, communiqué de UNC, 5 octobre 2026 (traduction)
La phrase complète de Jordan est plus longue, et plus révélatrice : il se dit fier de soutenir « les travailleurs sociaux qui sont sur le terrain chaque jour » et espère que le don permettra à davantage d’étudiants de choisir ce métier. Ce n’est pas une formule creuse. Selon la doyenne Ramona Denby-Brinson, citée par The Assembly, la Caroline du Nord aura besoin de 30 000 travailleurs sociaux supplémentaires d’ici la fin de la décennie. Une bourse de 12 500 dollars ne règle pas la question. Elle permet à quelqu’un de commencer.
Michael Jordan Donates $10 Million to UNC School Of Social Workhttps://t.co/sWUSzMG56A
— Carolina Basketball (@UNC_Basketball) 5 octobre 2026
La femme derrière le nom
Pour le grand public, Deloris Jordan est la mère qu’on voit dans les documentaires. À UNC, c’est une figure de l’institution. Elle a fondé la James R. Jordan Foundation au nom de son mari, tué le 23 juillet 1993 sur une aire de repos près de Lumberton, en Caroline du Nord. Elle a écrit Family First en 1996 et, avec sa fille Roslyn, le livre jeunesse Salt in His Shoes en 2000, qui raconte un petit Michael persuadé d’être trop petit pour jouer.
En 2010, elle fonde à Nairobi le Kenya Women and Children’s Wellness Centre, qui accompagne des victimes de violences et de maltraitance. Selon UNC, plus de 203 700 personnes y ont été prises en charge. C’est ce centre qui accueille aujourd’hui des étudiants de Chapel Hill en stage. La boucle est bouclée : l’argent du fils finance le programme qui envoie des étudiants dans l’œuvre de la mère.
« Mon nom est ici. Ce n’est pas à cause de l’argent. »
Deloris Jordan, sur scène à Chapel Hill, citée par The Assembly (traduction)
Cette phrase, prononcée devant la plaque toute neuve installée juste sous celle du Jordan Institute, dit beaucoup. Deloris Jordan ne veut pas être la mère de la star à qui l’on offre un bâtiment. Elle rappelle qu’elle siège au conseil consultatif de l’école depuis sa création. Et elle ajoute une question que beaucoup de donateurs évitent : peut-on mesurer ce qu’on donne, et voir les résultats quand on s’arrête ?
Chapel Hill, 1981 : quand la mère s’installe aussi
L’histoire commence au moment où Michael arrive à North Carolina, en 1981. Selon The Assembly, Deloris Jordan s’implique à l’université dès cette année-là. La même année, John Turner devient doyen de la School of Social Work, premier doyen noir de l’histoire de l’université, et lui demande un coup de main. Elle ne repartira plus.
Le 29 mars 1982, au Superdome de La Nouvelle-Orléans, son fils de 19 ans prend le tir de la victoire en finale NCAA contre Georgetown : 63-62, premier titre national de Dean Smith. Deux ans plus tard, Michael part pour la draft. Les Bulls le prennent en troisième position. Il reviendra pourtant à Chapel Hill pour finir ce qu’il avait commencé : une licence de géographie, obtenue en 1986, alors qu’il est déjà All-Star.

Ce diplôme explique en partie le lien. Pour la famille Jordan, UNC n’a jamais été un simple tremplin vers la NBA. C’est l’endroit où l’on finit ses études, où l’on revient, et où la mère, au début des années 1990, accompagne le chancelier Paul Hardin pour apaiser des étudiants qui réclamaient un premier centre culturel noir. Le Jordan Institute arrive ensuite, en 1996, au milieu du second three-peat.
Jordan Institute for Families
Fondé par Michael et sa famille alors qu’il enchaîne les titres avec les Bulls. Montant jamais rendu public. Une mission locale : les familles de Caroline du Nord.
Deloris P. Jordan Center
Un centre international créé en 2017 prend le nom de la mère. Stages dans 25 sites, dont le Kenya. Dix millions, le plus gros don de l’histoire de l’école.
Deux fois dix millions en onze mois
Le geste n’est pas isolé. Le 18 novembre 2025, Jordan donnait déjà 10 millions de dollars à l’hôpital Novant Health de Wilmington, la ville où il a grandi, pour créer le Deloris P. Jordan Neurosciences Institute. Il disait alors que sa mère lui avait appris l’importance de la compassion et du collectif. Onze mois plus tard, même somme, même dédicace, autre institution. Au total, ses dons à la fondation Novant atteignaient déjà 27 millions de dollars.
Avant cela, il y avait eu les 100 millions sur dix ans promis avec Jordan Brand en juin 2020, au moment des manifestations après la mort de George Floyd, et les 10 millions offerts à Make-A-Wish pour ses 60 ans, en février 2023, plus gros don individuel de l’histoire de l’association. Celui qu’on a longtemps décrit comme indifférent à tout ce qui n’était pas la victoire donne désormais par blocs de dix millions, et presque toujours au nom de quelqu’un d’autre.
Ce que ça change concrètement pour toi
Si tu suis Jordan pour les paires et les bagues, ce don ne t’apporte rien à acheter, et c’est très bien comme ça. Il te donne surtout une lecture plus juste du personnage. Le Jordan de 2026, ce n’est pas seulement le propriétaire d’écurie NASCAR ou la silhouette des rétros : c’est aussi un homme de 63 ans qui met son argent là où sa mère a passé sa vie.
Si tu es étudiant en travail social, sache que les bourses Jordan Family Scholars visent les étudiants du master de UNC. Le centre international, lui, travaille avec des partenaires dans 25 sites. Pour suivre les appels à candidatures et les programmes, le plus simple reste les comptes de l’école et du Jordan Institute listés plus bas.
Et si tu veux comprendre d’où vient la rage de gagner que tout le monde a vue dans The Last Dance, lis Salt in His Shoes. C’est un livre pour enfants. Il raconte la même chose que ce don : derrière le joueur, il y avait une mère qui ne lâchait rien.
10 millions de dollars, le 5 octobre 2026, pour la UNC School of Social Work. Un centre international rebaptisé au nom de Deloris P. Jordan, le soutien au Jordan Institute fondé en 1996, et dix bourses de 12 500 $. C’est le deuxième don de 10 millions au nom de sa mère en onze mois.
Trois inconnues restent au tableau : la répartition exacte entre les trois postes, que UNC n’a pas publiée ; le montant du don fondateur de 1996, jamais rendu public ; et l’identité des dix premiers lauréats. Nous mettrons l’article à jour si l’université les communique.
Sources
- UNC — Michael Jordan’s historic $10 million gift honors his mother
- UNC School of Social Work — Deloris P. Jordan gift
- The Assembly — Michael Jordan Gives $10 Million to UNC’s School of Social Work in Honor of His Mom
- Associated Press via Chicago Sun-Times — Michael Jordan commits $10 million to UNC School of Social Work
- WUNC — Michael Jordan donation honors Deloris Jordan
- Axios Raleigh — Michael Jordan makes record donation to UNC’s School of Social Work
- Novant Health — Deloris P. Jordan Neurosciences Institute, 18 novembre 2025
- NBA.com — Michael Jordan donates $10M to Make-A-Wish
- History.com — Michael Jordan’s winning shot, 29 mars 1982
