Stacey King : un micro à la place du « I », les Bulls portent son nom toute la saison
Le 28 mars 1990, à Cleveland, Michael Jordan marque 69 points, le record de sa carrière. Le rookie Stacey King en marque un, sur un lancer franc. Après le match, King trouve la phrase qui le suivra toute sa vie : il se souviendra toujours de ce soir comme celui où Michael Jordan et lui ont marqué 70 points à eux deux.
Trente-six ans plus tard, ce sens de la formule est devenu un patch. Stacey King est mort le 7 juin 2026, à 59 ans, chez lui à River Forest, dans la banlieue de Chicago. Les Bulls porteront toute la saison 2026-27 une bande « KING » sur le maillot, avec un micro à la place du I, et lui consacreront une soirée le 4 février 2027 au United Center, contre Oklahoma City.
Ancien sixième choix de draft devenu la voix des matchs des Bulls, Stacey King sera honoré toute la saison par une bande sur le maillot. Le médecin légiste a attribué sa mort à une maladie cardiovasculaire, alors que les premiers récits évoquaient une chute à son domicile.

Stacey King en tenue de travail, en 2012. Il est alors analyste des matchs des Bulls depuis le milieu des années 2000. C’est ce costume-là, et pas son maillot de joueur, que la plupart des fans de Chicago ont en tête.
Un micro à la place du « I »
L’annonce est tombée le 10 septembre. Dans un communiqué, les Bulls ont détaillé deux hommages. Le premier se verra à chaque match : une bande portant son nom, fixée sur le haut gauche des maillots, toute la saison. Le « I » de KING est remplacé par un micro, clin d’œil aux deux décennies qu’il a passées à commenter les matchs de l’équipe. Le choix dit tout : Chicago n’honore pas d’abord un joueur, mais une voix.
Le second est une date. La Stacey King Celebration Night aura lieu le jeudi 4 février 2027, au United Center, contre l’Oklahoma City Thunder. Le calendrier a été choisi avec soin : King serait né il y a 60 ans le 29 janvier 1967, et le Thunder vient de son État natal. Le communiqué dit de lui qu’il avait « une capacité unique à faire sentir aux gens qu’ils étaient reliés au jeu, et les uns aux autres ». Les détails de la soirée doivent encore être annoncés.
Our team will wear this King jersey band throughout the season in Stacey’s honor ❤️ https://t.co/3FsQCqrDj9 pic.twitter.com/o1YUeLqh4Z
— Chicago Bulls (@chicagobulls) 10 septembre 2026
« Michael Jordan et moi, 70 points »
Revenons à Cleveland. Ce 28 mars 1990, les Bulls gagnent 117-113 après prolongation. Jordan termine à 23 sur 37 aux tirs, 21 sur 23 aux lancers francs, 18 rebonds. King joue 17 minutes : 0 sur 4 aux tirs, 1 sur 2 aux lancers, un rebond, une passe, deux interceptions. Une soirée de rookie comme une autre, sauf qu’il décide d’en rire avant tout le monde.
« Je me souviendrai toujours de ce soir comme celui où Michael Jordan et moi avons marqué 70 points à nous deux. »
Stacey King, 28 mars 1990 (traduction, citée par Sports Illustrated)
La phrase a fait le tour des vestiaires de la NBA. Elle dit beaucoup de la place de King dans ce vestiaire : pas une star, pas un souffre-douleur non plus, mais celui qui désamorce. Il racontera plus tard, sur NBC Sports, qu’il touchait Jordan avant les matchs pour se porter chance, comme il touchait son poster dans sa chambre d’étudiant. Jordan, surpris, lui avait demandé ce qu’il fabriquait.
Le 8 juin 2026, Jordan a publié un court communiqué. Il s’y dit profondément attristé et rappelle qu’ils avaient « partagé quelques années spéciales en tant que coéquipiers », dans un groupe qui a « aidé à définir une ère » des Bulls. Pour un homme qui commente rarement la vie de ses anciens partenaires, ce n’était pas rien.

Le remplaçant du premier three-peat
Sixième choix de la draft 1989 en provenance d’Oklahoma, King arrive avec une étiquette de scoreur. À Chicago, il devient autre chose : un pivot de rotation, 2,11 m, dans une équipe où tout passe par Jordan et Pippen. Sa première saison est la meilleure statistiquement, 8,9 points et 4,7 rebonds en 82 matchs. Ensuite, son temps de jeu fond. Mais il est là pour les trois titres de 1991, 1992 et 1993.
Horace Grant, en larmes après sa mort, a rappelé un match précis : le Game 6 des Finales 1992. Le 14 juin, au Chicago Stadium, Portland mène 79-64 après trois quart-temps. Phil Jackson démarre le dernier avec quatre remplaçants autour de Pippen. Selon NBA.com, King inscrit un panier avec la planche au cœur d’une série de sept possessions consécutives réussies, et les Bulls reviennent à trois points. Jordan revient finir le travail, 97-93, et les Bulls fêtent leur deuxième titre à domicile.
« Sans Stacey, surtout Stacey, on allait au Game 7. »
Horace Grant, juin 2026, cité par Bleacher Nation (traduction)
Le 24 février 1994, les Bulls l’échangent à Minnesota contre Luc Longley, le pivot australien qui sera titulaire du second three-peat. C’est presque une ironie : le départ de King prépare les titres de 1996, 1997 et 1998. Lui passe par Minnesota, Miami, Boston et Dallas, puis la CBA, la Turquie et l’Argentine, avant d’entraîner les Rockford Lightning en 2001-02. Bilan NBA : 438 matchs, 6,4 points de moyenne.
Un pivot de rotation
Six saisons de draft à l’échange, trois bagues, un rôle de remplaçant assumé. Le genre de joueur que les dynasties oublient de nommer.
Analyste des matchs des Bulls
Deux décennies d’antenne avec Neil Funk puis Adam Amin, un Emmy, et des expressions que tout Chicago connaît par cœur.
Vingt ans dans l’oreille de Chicago
À la télévision, King devient vraiment Stacey King. Analyste en studio à partir du milieu des années 2000, il commente les matchs à partir de la saison 2006-07, aux côtés de Neil Funk de 2008 à 2020, puis d’Adam Amin. Il a ses gimmicks, que les fans répètent dans les bars : « Gimme the hot sauce! » sur un trois-points, « Too big, too strong, too fast, too good! », « Let me step back and kiss myself! » sur un tir de la gagne, et la sortie de chaque soirée, « Drive home safely, Chicago! Beep, beep! ».
Adam Amin a dit de lui qu’il faisait sentir aux gens qu’ils étaient à leur place, et qu’il l’avait rendu meilleur. Neil Funk l’a résumé en une phrase lors de la cérémonie d’adieu : drôle, très descriptif, parfois beaucoup trop, et iconique. Pendant vingt ans, une bonne partie de Chicago a regardé les Bulls de l’après-Jordan avec la voix d’un ancien coéquipier de Jordan dans l’oreille.
Ce que ça change concrètement pour toi
Si tu regardes les Bulls cette saison, guette la bande sur le haut gauche du maillot : KING, avec son micro. Elle sera là à chaque match de la saison 2026-27, y compris pendant les débuts de Caleb Wilson, le rookie que Chicago présente comme son meilleur prospect depuis Jordan.
Si tu veux un maillot ou une réplique avec le patch, rien n’a été annoncé à ce stade. Les Bulls n’ont pas communiqué de version commercialisée, ni de produit lié à la soirée du 4 février. Méfie-toi des annonces qui fleuriront sur les places de marché.
Et si tu n’as jamais entendu King commenter, la vidéo de la cérémonie publiée par les Bulls est le meilleur point d’entrée. Tu comprendras en cinq minutes pourquoi une ville entière a choisi d’honorer un micro plutôt qu’un numéro.
Stacey King est mort le 7 juin 2026 à 59 ans. Les Bulls portent une bande « KING » avec un micro toute la saison et lui consacrent une soirée le 4 février 2027 contre OKC. Trois titres avec Jordan, vingt ans de commentaires, et la blague des 70 points.
Deux inconnues restent au tableau : le programme exact de la soirée du 4 février, que les Bulls doivent encore détailler, et l’éventuelle commercialisation d’un maillot ou d’un produit portant le patch. Nous mettrons l’article à jour dès l’annonce.
Sources
- Bleacher Nation — Bulls to wear Stacey King jersey band, celebration night set
- Chicago Sun-Times — Bulls announce former broadcaster, player Stacey King died
- NBC Chicago — Michael Jordan releases statement after death of Stacey King
- Larry Brown Sports — Official cause of death for Stacey King revealed
- Chicago Crusader — Chicago Bulls announce plans to celebrate the life and legacy of Stacey King
- Bleacher Nation — Horace Grant on Stacey King
- Sports Illustrated — When Stacey King joked about Michael Jordan’s career-high night
- NBA.com — Michael Jordan’s 69 points vs. Cleveland
- Awful Announcing — Adam Amin remembers Stacey King
- Basketball-Reference — Stacey King
