Air Jordan chez Assouline : le livre à 2 300 dollars préfacé par Michael Jordan
On associe spontanément Assouline aux tables basses des suites du Bristol ou du Ritz, aux livres sur Saint-Tropez, la Formule 1 ou les yachts italiens — pas aux étagères des sneakerheads. C’est pourtant la maison d’édition de luxe fondée par Prosper et Martine Assouline qui a choisi de raconter, dans un objet à sa manière, quarante ans d’une ligne de baskets qui a changé le sport, la mode et le commerce.
Le 16 octobre 2025, Assouline a lancé Air Jordan, un livre écrit par Adam Bradley et préfacé par Michael Jordan lui-même, décliné en deux éditions : une version Classic à 123 dollars et une version Ultimate à 2 300 dollars, limitée à 1 000 exemplaires numérotés à la main. Deux prix, deux objets, une même idée : faire entrer la ligne Jordan dans le rayon des beaux-livres qu’on n’ouvre pas tous les jours, mais qu’on ne jette jamais.
Sorti le 16 octobre 2025 chez Assouline, Air Jordan est écrit par Adam Bradley et préfacé par Michael Jordan. L’édition Classic (123 $, 360 pages, 438 illustrations) est toujours en vente ; l’édition Ultimate (2 300 $, coffret clamshell et écharpe en soie) semble épuisée, sa page produit redirigeant désormais vers la version Classic.

La couverture de l’édition Classic reprend un portrait inédit de Michael Jordan signé Annie Leibovitz, saisi dans la pose Jumpman — la même silhouette que le logo. Assouline la présente comme une image jamais publiée, en miroir du symbole qui orne les boîtes à chaussures depuis quarante ans.
Un livre, deux objets : la stratégie éditoriale d’Assouline
Assouline ne publie pas des livres, elle publie des objets. Depuis 1994, la maison fondée par Prosper et Martine Assouline a construit son modèle sur un principe simple : le même sujet peut exister en deux versions, une accessible et une inaccessible, et les deux se vendent. Air Jordan applique cette grammaire à la lettre. L’édition Classic, à 123 dollars, reste un beau-livre de format généreux — cartonné mat, 360 pages, 438 illustrations — pensé pour une audience large, capable de rivaliser en rayon avec n’importe quel autre titre de la collection Classics consacré au sport ou à la mode.
L’édition Ultimate, elle, change de catégorie. À 2 300 dollars et limitée à 1 000 exemplaires numérotés à la main, elle rejoint la collection Ultimates de la maison, aux côtés d’un hommage à Jay-Z (The Book of HOV, 2 000 $) ou d’une monographie sur Richard Mille (1 400 $). Le prix de la version Classic, lui, est un clin d’œil assumé au numéro 23 de Michael Jordan.
« Ce n’est pas un livre sur le basketball. C’est une célébration. La célébration de quarante ans de grandeur. »
Michael Jordan, dans la préface d’Air Jordan
Ce que contient réellement le livre
La structure du livre suit un principe éditorial simple et efficace : six chapitres pour six bagues de champion NBA. Chacun explore une facette différente de la relation entre l’homme et la marque — Design, Business, Pop Culture, Style, Athlétisme et Impact — plutôt que de dérouler une chronologie sportive classique. Assouline insiste sur ce point dans sa description officielle : ce n’est ni une biographie de Michael Jordan, ni un livre sur le jeu lui-même, mais le premier ouvrage autorisé à raconter les quarante ans de partenariat entre Jordan et sa marque.
Le contenu s’appuie sur des pièces jamais publiées des archives privées de Nike et des souvenirs personnels de Jordan — vêtements, objets, photographies de famille. Des figures historiques de Jordan Brand y témoignent, dont Howard « H » White, Larry Miller et la présidente Sarah Mensah, aux côtés de Carmelo Anthony, Napheesa Collier, Luka Dončić, Jalen Hurts, Spike Lee ou Jayson Tatum.
Un livre à 2 300 dollars n’est plus un livre : c’est un certificat d’appartenance à une histoire.
Sur l’édition Ultimate d’Air Jordan
L’édition Ultimate, ou la sneaker culture entre au musée du livre
L’objet lui-même raconte une histoire de sneakers avant même d’être ouvert. Le coffret clamshell noir de l’édition Ultimate, orné d’un décor baroque, s’inspire directement du graphisme laser qui ornait l’Air Jordan 20 en 2005 — le premier modèle Jordan à utiliser la technique du laser-etching, co-conçue par Tinker Hatfield et Mark Smith. Vingt ans plus tard, ce motif technique devient un motif décoratif, gravé non plus sur du cuir mais sur un écrin de livre.
Chaque exemplaire Ultimate est accompagné d’un accessoire inédit : une écharpe en soie surdimensionnée, fabriquée en Italie et frappée du Jumpman — le premier accessoire de mode non-sneaker jamais produit par Jordan Brand selon Assouline. Un détail qui résume le pari du livre : transformer une ligne de baskets en vestiaire complet.
123 dollars
Cartonné mat, 360 pages, 438 illustrations, couverture Annie Leibovitz. Toujours disponible sur assouline.com, en boutiques Assouline et chez des revendeurs comme la Fnac.
2 300 dollars
1 000 exemplaires numérotés à la main, coffret clamshell inspiré de l’Air Jordan 20, écharpe en soie incluse. Sa page produit redirige aujourd’hui vers l’édition Classic.
Pourquoi Michael Jordan a choisi Assouline
Michael Jordan ne prête pas sa préface à n’importe quel projet. En choisissant Assouline plutôt qu’un éditeur sportif classique, il inscrit sa propre histoire dans un catalogue qui compte déjà des hommages à Jay-Z, à l’horloger Richard Mille ou à des maisons de mode entières. C’est un choix de positionnement autant qu’un choix éditorial : la ligne Air Jordan ne rejoint pas le rayon des livres de sport, elle rejoint celui des objets de luxe qui se collectionnent, se transmettent et, pour certains, ne se lisent presque jamais.
C’est aussi le signe d’un basculement plus large : la sneaker culture, longtemps cantonnée aux magazines spécialisés, obtient ici son passeport pour le monde du livre d’art, aux côtés de la haute couture ou de l’horlogerie. Coïncidence de calendrier : Jordan Brand lance fin août 2026 l’Air Jordan 41, un modèle qui rompt justement avec une partie de ces codes hérités — un contraste que nous détaillons dans un autre article.
Ce que ça change concrètement pour toi
Si tu es fan de Michael Jordan sans être collectionneur de livres à 2 000 dollars, l’édition Classic à 123 $ reste accessible : sur assouline.com, dans les boutiques Assouline, et en France à la Fnac. Tu peux aussi la voir en vrai à Paris, à la boutique Assouline de la rue Bonaparte, ou au corner Assouline du Bon Marché.
Si l’édition Ultimate te fait de l’œil, sache qu’elle semble épuisée sur le site officiel — sa page produit redirige vers la version Classic, sans confirmation d’un nouveau tirage. Avant de chercher un exemplaire numéroté d’occasion, garde en tête qu’aucun prix de revente officiel n’existe : tout le reste relève de l’offre et de la demande.
Enfin, ne t’attends pas à un livre d’anecdotes de match. Air Jordan assume clairement son parti pris : raconter le design, le business et l’impact culturel de la marque plutôt que le jeu en lui-même. Si tu cherches une biographie sportive classique, ce n’est pas le bon livre ; si tu veux comprendre comment une paire de baskets est devenue un langage visuel mondial, c’est probablement l’un des objets les plus complets qui existent aujourd’hui sur le sujet.
Assouline a lancé Air Jordan le 16 octobre 2025, écrit par Adam Bradley et préfacé par Michael Jordan, en deux éditions : une version Classic à 123 $ (360 pages, 438 illustrations, toujours disponible) et une version Ultimate à 2 300 $, limitée à 1 000 exemplaires numérotés à la main, avec coffret clamshell inspiré de l’Air Jordan 20 et écharpe en soie incluse.
Plusieurs points restent flous : aucune date d’événement ou de séance de dédicace n’a été confirmée en France ; aucun prix de revente officiel n’existe pour les exemplaires Ultimate numérotés ; et rien n’indique, à ce stade, si Assouline prévoit un second tirage limité.
Sources
- Fiche produit officielle, Assouline
- Communiqué de presse, Assouline Publishing via PR Newswire, 16 octobre 2025
- Complex, 16 octobre 2025
- Sneaker Files, 16 octobre 2025
- House of Heat, 16 octobre 2025
- Fiche produit, Fnac.com
