Caleb Wilson, « meilleur prospect des Bulls depuis Jordan » : Chicago et quarante ans d’héritiers désignés

Caleb Wilson, « meilleur prospect des Bulls depuis Jordan » : Chicago et quarante ans d’héritiers désignés

À Chicago, la phrase circule depuis quarante ans et n’a jamais porté chance à personne : « le meilleur depuis Jordan ». Elle a accompagné des premiers choix de draft, des rookies d’un été, un MVP. Cette semaine, c’est Sam Smith qui l’a prononcée, et Sam Smith n’est pas n’importe qui : il suit les Bulls depuis l’époque où Jordan y jouait, et il a signé The Jordan Rules en 1991.

Sa cible s’appelle Caleb Wilson, 20 ans, ailier fort de 2,08 m, choisi en quatrième position de la draft 2026 après une seule saison à North Carolina, l’université de Jordan. Au micro de SiriusXM NBA Radio, Smith l’a présenté comme le meilleur prospect qu’il ait vu arriver aux Bulls. Michael Redd lui a répondu le 29 septembre sur X.

Le résumé en 30 secondes
4e
Choix de draft 2026, une place derrière Jordan en 1984
35
Points pour ses débuts en Summer League
42 ans
Depuis la draft de Jordan, la référence de Smith

Sam Smith juge Caleb Wilson meilleur prospect des Bulls depuis Jordan, tout en précisant qu’il ne le compare pas à Jordan. Michael Redd rappelle les emballements autour d’Elton Brand, Ben Gordon et Derrick Rose. Wilson n’a pas encore joué un match de saison régulière.

Le module — Quarante ans d’héritiers à Chicago
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Statue de Michael Jordan devant le United Center à Chicago
Crédit : jimcchou, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
Le point de départ
Un troisième choix, pas un premier

En 1984, Jordan sort de trois saisons à North Carolina et d’un titre NCAA gagné en première année. Houston prend Akeem Olajuwon, Portland prend Sam Bowie, Chicago récupère le troisième choix. La statue devant le United Center dit la suite.

Photos libres de droits issues de Wikimedia Commons, créditées sous chaque onglet.

Ce que Sam Smith a vraiment dit

Le titre qui a fait le tour des sites américains résume mal la phrase. Smith a dit, en substance, qu’il ne comparait pas Wilson à Jordan, mais qu’il n’avait jamais vu un prospect aussi complet arriver à Chicago depuis. Il a précisé qu’il n’oubliait pas Derrick Rose, devenu selon lui un joueur majeur le jour où il a décidé d’être MVP.

Le reste de l’entretien est plus intéressant que la comparaison. Smith y explique que les Bulls ne sont pas encore une équipe qui joue le titre, mais que la ville a enfin « un gars » autour de qui construire. En NBA, dit-il, on n’est nulle part tant qu’on n’a pas ce joueur-là.

« Le meilleur depuis Jordan » est une phrase qu’on entend à Chicago tous les dix ans, et qui n’a jamais désigné le même genre de joueur.

Quarante ans de drafts aux Bulls

La réponse de Michael Redd

Michael Redd, douze saisons en NBA, surtout à Milwaukee, a vu passer tous les héritiers annoncés de la division. Sa réponse tient en une formule et trois noms.

Publié par Michael Redd sur X, le 29 septembre

Redd ne conteste pas le talent de Wilson. Il conteste l’échelle. Brand, Gordon et Rose ont tous été vendus comme la suite, et seul Rose a tenu la promesse, avant que les blessures ne la brisent. Smith a répondu qu’il n’oubliait personne. Les deux ont raison : l’un parle d’un prospect, l’autre d’une ville qui a du mal à séparer un prospect d’un sauveur.

Qui dit quoi dans le débat

Quarante ans d’héritiers désignés

Elton Brand arrive en 1999 avec le premier choix de la draft. Il partage le trophée de rookie de l’année et part deux ans plus tard aux Clippers. Jay Williams, deuxième choix en 2002, voit sa carrière s’arrêter le 19 juin 2003 dans un accident de moto. Ben Gordon, troisième choix en 2004, devient le premier rookie élu sixième homme de l’année. Puis vient Derrick Rose, enfant du South Side, premier choix en 2008 et MVP à 22 ans en 2011.

Les Chicago Bulls reçus par Barack Obama à la Maison Blanche en février 2009
Les Chicago Bulls reçus à la Maison Blanche par Barack Obama le 26 février 2009, pendant la saison rookie de Derrick Rose. Crédit : Pete Souza, Public domain, via Wikimedia Commons.
1984
Jordan, 3e choix derrière Olajuwon et Bowie.
1999
Brand, 1er choix, rookie de l’année.
2004
Gordon, 3e choix, sixième homme.
2008
Rose, 1er choix à 1,7 % de chances.
2026
Wilson, 4e choix, venu de North Carolina.

Ce que Wilson a montré, et ce qu’il n’a pas encore montré

Les chiffres de sa saison à North Carolina sont ceux d’un joueur des deux côtés du terrain : 19,8 points, 9,4 rebonds, 1,4 contre de moyenne, 57,8 % au tir, malgré une saison écourtée par une blessure. Il est le joueur de North Carolina drafté le plus haut depuis 21 ans. Derrière lui dans la classe 2026, il y a eu trois noms : AJ Dybantsa à Washington, Darryn Peterson à Utah, Cameron Boozer à Memphis.

À Las Vegas, en juillet, Wilson a ouvert sa Summer League avec 35 points face aux Grizzlies de Boozer, à 12 sur 21 au tir dont 7 sur 11 à trois points, dans une défaite 97-96. Sur quatre matchs, il tourne à 23,5 points et 7,3 rebonds. C’est beaucoup pour un été, et ce n’est qu’un été.

Jordan, été 1984

Trois ans de fac, un titre, l’or olympique

17,7 points de moyenne sur trois saisons à North Carolina, le titre NCAA dès la première année, puis la médaille d’or aux Jeux de Los Angeles avant même son premier match NBA.

Wilson, été 2026

Une saison de fac, une Summer League

19,8 points en une seule saison à North Carolina, écourtée par une blessure, puis 23,5 points de moyenne à Las Vegas. Le dossier est plus mince, et c’est normal à 20 ans.

Au media day du 28 septembre, Wilson a donné le ton : selon lui, on ne mène pas un groupe en se fondant dans la masse, et un rookie se fait respecter par ses actes plus que par ses mots. Le nouvel entraîneur Tiago Splitter devrait l’installer d’entrée au poste 4, à côté de Matas Buzelis et Nic Claxton.

Jordan lui-même n’a pas été drafté comme le prochain Jordan : il était le troisième choix d’une draft dominée par Olajuwon.

La draft de 1984

Ce que ça change concrètement pour toi

D’abord, regarde ses lancers francs et son tir à trois points plus que ses totaux de points. À North Carolina, il provoquait 7,5 lancers par match. Si ce volume tient en NBA et que le 7 sur 11 de Las Vegas n’était pas un accident, les Bulls tiennent leur première option offensive.

Ensuite, donne-lui une saison avant de trancher. Rose a été rookie de l’année avant de devenir MVP lors de sa troisième saison. Gordon a brillé dès la première sans devenir le leader annoncé. Les dix premiers matchs ne disent presque rien du joueur qu’il sera.

Enfin, si tu collectionnes, ne paie pas le prix de la promesse : attendre quelques mois ne coûte rien.

Le troisième choix de 1984

Il y a une ironie dans cette histoire. En juin 1984, personne à Chicago ne présentait Michael Jordan comme un sauveur : deux équipes étaient passées avant les Bulls, et l’une avait choisi Sam Bowie. Le joueur auquel on compare tous les autres n’a jamais eu à porter cette phrase. Caleb Wilson, lui, la porte avant son premier match. La meilleure chose qui puisse lui arriver est que Chicago l’oublie un peu, le temps qu’il devienne quelqu’un d’autre.

Ce qu’il faut retenir avant la reprise

Caleb Wilson, 4e choix 2026 venu de North Carolina, a été qualifié par Sam Smith de meilleur prospect vu à Chicago depuis 1984. Ses références : 19,8 points en NCAA, 35 points pour ses débuts à Las Vegas. Michael Redd a rappelé les cas Brand, Gordon et Rose.

Deux inconnues restent au tableau : son adaptation au rythme NBA sur une saison complète, et la solidité de son corps après une saison universitaire écourtée par une blessure.

Sources

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